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Dans le Direct Soir du 8 novembre, l’inénarrable Morandini se fait le porte-parole du dernier scandale en date : la diffusion sur TF1, juste avant le film Ratatouille, d’un spot publicitaire annonçant, brutalement, sans sommation : «Le père Noël n’existe pas». Stupeur. Choc. Effarement. Voilà qui vient brutalement «gâcher la fête», c’est dire si c’est grave. Tous les petites enfants de France «se retournent vers leurs parents en leur demandant des explications : « Est-ce que c’est vrai que le père Noël n’existe pas ? »» Pauvres parents, obligés de «ramer pour sauver le père Noël» suite à cette «vraie gaffe qui tombe mal»… Sans doute auraient-ils préféré avoir à expliquer «comment on fait les bébés», qui était jusqu’à maintenant au top du hit parade des questions gênantes. On les imagine bien emmerdés, les pauvres parents. Sans parler des enfants, pour qui il serait peut-être judicieux de mettre en place des cellules de soutien psychologique.

Autre affaire, autre retentissement : Paul le Poulpe est mort. Pour les bienheureux qui ne sauraient pas qui est Paul le Poulpe (s’il reste une place pour moi dans votre monde, prévenez-moi…), c’est ce charmant animal qui annonçait, avec une régularité extraordinaire, les résultats des matchs lors de la dernière coupe du Monde des handicapés du ballon rond. Un céphalopode devin qui, un beau jour, est mort, ce qu’il n’avait probablement jamais prévu, ce qui prouve qu’il était con comme ses tentacules. Eh bien figurez-vous qu’une bande de fans de foot, apparemment aussi con que leurs chaussures à crampons, ont décidé de le remplacer. Ils ont choisi un autre poulpe (un français, cocorico ! Enfin, bloupbloupbloupbloup, qui est le chant du poulpe), l’ont appelé – à la suite d’une longue réflexion – Paul II, et ont décrété tout de go que lui aussi était un devin, alors qu’il n’a pour l’instant rien prévu (ou en tout cas sans plus de résultats probants que Paco Rabanne).

Depuis 3 siècles, la civilisation occidentale a rejeté Dieu au nom de la Raison, de la science et des Lumières. Les anciennes religions sont rangées au rang de superstitions à peine dignes de grand-mère séniles ou d’illuminés mystiques. Le croyant a été sommé de ne plus croire que chez lui, volets fermés et en silence pour ne pas prosélyter le voisin. Et dans le même temps, on oblige les enfants à croire au père Noël (je me souviens parfaitement d’une de mes maîtresses de maternelle, dans une école privée – mais de quoi ? -, presque m’engueuler parce que je lui avais dit que le père Noël c’était de la blague…) et on cloue au pilori les inconscients qui osent leur dire qu’il n’existe pas, et on se persuade qu’un poulpe peut voir l’avenir dans une urne (c’est d’ailleurs un des rares exemple où ce qui sort d’une urne est pris en compte par qui que ce soit).

Dieu est mort, que vivent les poulpes et le père Noël…

Nietzsche tentant d’ignorer l’existence de Dieu en regardant ailleurs.

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