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En ce mois de janvier, petit souvenir d’une époque où j’étais poète. Comme ça, pour le plaisir.

Les mains liées et la tête rasée, j’attends,
La cheville attachée au pied du tabouret.
Du fond de ce cachot froid et triste j’entends
La foule qui m’attend au dehors. Je suis prêt.

Prêt à me présenter à la mort grimaçante,
La regarder en face, sans peur et sans haine.
On me traîne, on me lance à cette foule hurlante
Qui imagine ainsi multiplier ma peine

Alors que je n’entends que l’eau d’une fontaine
Couler, libre et puissante, ainsi que, dans mes veines,
Ce sang qu’ils vont répandre. Au loin un oiseau chante,

Il flotte dans le vent une odeur de printemps,
De foin, de romarin, d’olivier et de menthe…
Et je goûte au bonheur en mes derniers instants.

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