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Dans le style de Topito qui, après avoir publié 1, 2, 3 et 4 de mes textes, à refusé celui-ci, sous prétexte qu’il était « sans argument réellement fondé ». En fouillant un peu sur le site, on trouve un Top 10 des raisons de ne jamais voter le Pen, rédigé par le créateur du site, celui-là même qui m’a annoncé que mon texte était refusé. Un article dans lequel l’auteur se contente de traduire dans 10 langues différentes la phrase « Il est président du Front National », ce qui nous pose un « argument réellement fondé »…

Top 5 des arguments récurrents des pro-avortement, et les réponses qui correspondent.

Alors que plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Paris pour une vie plus digne, et ce dans l’indifférence quasi-générale, voici 5 arguments (plus un bonus pour nous les hommes) que les « pro-life » entendent souvent, et les réponses qu’ils peuvent y faire.

1. « Un foetus n’est pas un enfant. Ou alors, quand tu te masturbes, tu fais un génocide… » (Sic…)

Cet « argument » de la masturbation est le plus souvent suivi d’un « lol », qui prouve bien que personne ne le prend vraiment au sérieux, et que la différence est donc très bien sentie par tout le monde. La différence, c’est qu’un spermatozoïde est destiné à rencontrer un ovule ou mourir, et ce de façon totalement naturelle. En revanche, un foetus ne deviendra jamais autre chose qu’un enfant. « Les chiens ne font pas des chats », dit le proverbe. Les humains ne font pas autre chose que des humains.

Dès la fécondation, on est face à un organisme vivant et possédant un ADN humain unique et nouveau. Un être vivant à ADN humain ne peut être autre chose qu’un être humain.

Dès la quatrième semaine après la fécondation, le coeur de l’enfant bat. Ce n’est plus une vie primaire, de type mono-cellulaire, c’est déjà une vie évoluée. A douze semaines, délai légal pour avorter, on est donc bien loin du « petit tas de cellules » qu’était l’oeuf.

Civilement, un enfant acquiert des droits au moment où il inspire pour la première fois. Sur le plan scientifique, rien ne peut expliquer que ce qui n’était pas un enfant le devienne d’un seul coup, du fait qu’il a respiré. Et l’expérience quotidienne des femmes enceinte prouve qu’un enfant vit bien avant sa naissance (mouvements intro-utérins).

La loi française considérait jusqu’en juin 2001 que provoquer la mort d’un enfant à naître était un cas d’homicide involontaire : « pour n’avoir pas respiré, l’enfant n’en a pas moins vécu de la vie intra-utérine ; sa mort même est la preuve de son existence antérieure » (Arrêt de Douai, 1882). Le fait que cet arrêt soit de plus en plus remis en cause, mais toujours par petites touches hésitantes, montre bien que la situation n’est pas évidente.

Edit. Vue sur Facebook : une variante de l’argument du génocide, démontable exactement de la même façon.

2. « Imagine une jeune fille qui tombe enceinte à la suite d’un viol, comment veux-tu qu’elle puisse garder et aimer cet enfant ? »

Plusieurs choses : moins d’un viol sur 100 abouti à une grossesse. Le traumatisme est tel que l’ovulation, si elle était proche, n’a le plus souvent pas lieu. Et si ovulation, puis fécondation, il y a, il y a le plus souvent fausse couche, à cause de ce même choc.

Le cas du viol est donc un cas extrêmement particulier. Excessivement douloureux, certes, mais particulier. Et on ne base pas une argumentation, et à plus forte raison une loi, sur des cas particuliers. Prétendre que le cas du viol justifie l’avortement en général est donc une escroquerie intellectuelle.

De plus, même dans ce cas précis, il n’est pas inutile de rappeler deux choses : tout d’abord que l’enfant à naître est totalement innocent du crime de son père. Ce n’est donc pas à lui de payer. De plus, cet enfant sera certes l’enfant d’un violeur, mais il sera aussi l’enfant de la victime du viol. Et on ne peut pas répondre à un traumatisme terrible (celui du viol) par un autre traumatisme, celui de l’avortement. (Pour ceux qui douterait sur ce point : dans cette vidéo, une féministe de la première heure – qu’on ne peut donc accuser de défiance naturelle envers l’avortement – affirme, en se basant sur sa propre expérience, qu’avorter est quelque chose de « terrible » pour une femme.)

3. « T’es mignon tout plein, mais t’imagine la nana à 15 ans elle tombe enceinte parce que la capote a craqué… Sa vie va être ruinée… »

Depuis quand transmettre la vie est « une ruine » ? Il est évident qu’accueillir un enfant si jeune est difficile, et probablement douloureux. Le regard des gens lors de la grossesse ne doit pas être évident non plus. Et aller en cours avec un ventre gigantesque n’est sûrement pas un moment agréable. C’est évident.

Passons sur la première raison de garder l’enfant, déjà évoquée en 2. : on ne soulage pas une femme d’un quelconque traumatisme en lui en rajoutant un.

Au contraire, il y a d’autres solutions pour soulager la mère du « poids » qu’est pour elle cet enfant. La naissance sous X en est une, encadrée par des lois, appliquées depuis longtemps. Il reste évident que mettre au monde un enfant et l’abandonner reste un acte très dur pour une femme, et pas forcément évident comme point de départ pour un enfant, mais c’est sûrement moins traumatisant qu’un avortement pour la mère. Et pour l’enfant, c’est se voir donner une chance de vivre.

Et il y a de nombreux cas de jeunes, voire très jeunes, mères qui gardent leur enfant, et l’élèvent, et s’en trouvent très heureuses, malgré les difficultés évidentes. Là aussi, il ne serait probablement pas inutile de développer l’aide à ces jeunes mères, pour qui le soutien de leur famille reste fondamental. Et ré-affirmer qu’on ne résout pas un problème en rajoutant une expérience douloureuse et traumatisante.

4. « Et le gamin, t’y penses ? Avec une mère de 15 ans, qui pourra pas finir ses études, il peut pas être heureux. »

Il n’y a qu’une chose à répondre : qui peut dire qu’une vie vaut ou ne vaut pas d’être vécue ? Et dans ce cas, quels sont les critères ? Est-ce qu’il va falloir avorter tous les enfants conçus par un père alcoolique ? Ou par un père raciste ou homophobe ? Ou par des parents un peu trop vieux, parce que c’est pas rigolo à 10 ans d’avoir des parents cinquantenaire ? Ou par un militant du FN ? Faut-il stériliser les roux ? Blague à part, quels critères ?

Et de toute façon, aucune vie n’est écrite d’avance : un enfant peut naître dans un environnement terrible, et être plus heureux que celui qui semblait né pour avoir une vie paisible. Personne n’est complètement déterminé. (Si vous en doutez, lisez ceci. La bio est un peu légère, et oublie de préciser que c’est son propre père qui l’envoie, à coups de poings, 3 ans sur un lit d’hôpital… Si ce court article ne vous convainc pas, lisez son premier bouquin, Plus fort que la haine.)

Enfin, plutôt que d’avorter de tous les enfants qui risqueraient de n’être pas heureux, ne vaudrait-il pas mieux travailler à améliorer les conditions de vie des enfants nés sous X, adoptés, abandonnés ? De même que, dans certains pays, on travaille à améliorer les conditions de vie des lépreux plutôt que de les zigouiller…

5. « De toute façon, si on l’interdit en France, les gens iront le faire ailleurs, et dans de moins bonnes conditions, alors… »

Dans ce cas on légalise la prostitution infantile, parce que de toute façon ceux qui veulent vraiment se taper des gamins vont en Thaïlande, où ça se passe dans des conditions terribles.

Au-delà de ce parallèle un brin violent (c’est volontaire), une réalité : ce n’est pas parce qu’on peut faire quelque-chose ailleurs qu’on doit pour autant l’autoriser chez nous. Prenons l’exemple, plus soft, de parents qui interdisent à leur enfant de se droguer. Sous prétexte que le gamin pourra très bien aller se piquer chez des amis, doivent-ils l’autoriser à le faire chez eux, et lui fournir en plus les seringues, la drogue, et le transport à l’hôpital à chaque overdose ?

Quand on pense que quelque chose est mauvais, peu importe que ça puisse être fait ailleurs : on se doit de l’interdire à ceux qui dépendent de nous. C’est ce que doivent faire – et font – des parents. C’est ce que devraient faire des politiques.

6. (Bonus) « De toute façon, t’es un mec, ça te concerne pas. »

Bon, d’accord, c’est pas l’argument qui se veut le plus convaincant, mais il ressort quand même assez souvent, je ne pouvais pas ne pas l’évoquer.

Faut-il rappeler qu’un enfant se fait à deux, dont un mec ?

Faut-il rappeler qu’on nous reproche assez, à nous hommes, de nous barrer dès qu’il y a un problème ?

Soyez logiques, mesdemoiselles : soit ça ne nous concerne pas, et on fait bien de se barrer, soit on doit assumer avec vous, auquel cas nous pouvons nous aussi donner notre avis sur la question.

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