Étiquettes

, , , , , , , ,

Une de mes fidèles lectrices me pose la question suivante : « Une question me turlupine , tu es contre l’avortement, es-tu également contree la contraception? Et si oui, pourquoi? »

C’est une excellente question, je vous remercie de me l’avoir posée, comme disait Jean-Claude Dupont. Voici donc ma réponse, un peu trop longue pour rester un simple commentaire. Et peut-être un peu trop proche d’un commentaire pour être un vrai article. Si c’est le cas, je m’en excuse.

—–

Petite précision liminaire : la contraception est évidemment préférable à l’avortement. Mieux vaut empêcher une vie d’apparaître que de la supprimer.

Seconde précision liminaire : qu’entends-tu par contraception ? Je vais considérer – sans crainte de me tromper – que tu parles de méthodes visant à empêcher, de façon mécanique, le fécondation. Plus précisément : préservatif et pilule. Sont exclus : la pilule du lendemain et le stérilet, qui sont tous deux abortifs – même si on essaie de nous le faire oublier – et sur lesquels mon avis est donc clair.

Réponse à la question : oui, je suis contre la contraception.

Tout d’abord parce qu’elle déconnecte l’acte sexuel de la reproduction. C’est comme si on coupait l’acte de manger de la nutrition : c’est complètement anti-naturel.

Ensuite parce qu’elle banalise la sexualité : avec la contraception, on peut coucher avec n’importe qui n’importe quand, on est « protégé ».

Notons au passage que cette idée de « protection » tend à assimiler la grossesse à une maladie. En effet, quand on parle de la protection offerte par le préservatif, on précise rarement de quoi c’est censé protéger… Comment peut-on induire ainsi dans l’esprit de nos enfants, et surtout de nos filles, qui ont naturellement l’envie profonde de donner la vie, que la grossesse est quelque-chose qu’il faut à tout prix éviter ? Et mettre la transmission de la vie sur le même plan que le sida, qui mène à la mort ? D’un point de vue de l’inconscient des jeunes filles et des jeunes femmes qu’elles sont appelées à être, ça me semble assez dramatique.

Banalisation, donc. Avant la généralisation des méthodes de contraception, un couple (« officiel » ou pas) qui couchait ensemble avait forcément en tête l’idée que cet acte pouvait mener à une grossesse. Attendre d’être plus ou moins capable d’assumer ceci était donc normal. Or on sait bien que quelque chose qu’on attend, qu’on espère, prend une valeur plus importante. Au contraire, quelque chose qu’on a tout de suite, quand on veut, n’importe quand, dès qu’on en a envie, perd vite de sa saveur. Quand on mange du foie gras tous les jours, on finit par ne plus faire la différence avec du pâté. Le foie gras devient fade, et même écoeurant.

Le sexe, c’est pareil. A l’heure actuelle, le message est : tu en as envie, fais-le, t’inquiète pas ça n’aura aucune conséquence désagréable (c’est d’ailleurs le message dans tous les domaines. Nous sommes une société de gosses de riches capricieux). Et on se retrouve avec des gamins de 15 ans qui comparent la relation sexuelle à « une partie de bowling » (véridique). Personnellement, j’ai une plus haute idée de la chose. Et je crois qu’eux aussi aimeraient que ce soit autre chose.

On a beaucoup parlé de « libération sexuelle » grâce à cette contraception. Enfin, les femmes étaient libres de le faire quand elles voulaient, avec qui elles voulaient, comme elles voulaient. Au contraire, j’affirme que les femmes sont les grandes perdantes de la contraception. En effet, la contraception déresponsabilise complètement l’homme : en déconnectant sexe et reproduction, on a fait croire à l’homme que la sexualité était sans conséquences. Si bien que quand conséquence il y a, il n’y est plus préparé, si bien qu’il ne peut plus que fuir.

Bien sûr, avant aussi des mecs se barraient lâchement. Mais dans tous les cas, ils avaient forcément en tête l’idée d’une éventuelle conséquence depuis le début. Quand elle arrivait, même si c’était pas prévu, même si c’était pas le bon moment, l’homme y avait déjà forcément pensé. Et on accepte plus facilement un « accident » auquel on a déjà pensé qu’un qui arrive complètement à l’improviste.

Enfin, avec la contraception, toute grossesse non-voulue est forcément vécue encore plus comme un drame, parce qu’on s’était protégé, on avait tout fait pour l’éviter, on s’était astreint à prendre une pilule chaque jour, on s’était demandé si on l’avait bien prise ce jour-là… et ça a foiré. Alors forcément, puisque ça a foiré, il ne reste plus qu’une solution : supprimer l’accident. Choisir le contraire est quasiment impossible.

La contraception mène donc à l’avortement, ce qui me suffirait d’ailleurs amplement à être contre. Et là encore, c’est la femme qui y perd le plus, puisque c’est elle qui subit l’avortement.

Je suis donc contre la contraception.

En revanche, je suis pour la régulation des naissances selon des méthodes naturelles. Qui existent et sont efficaces, et ne sont en pratique pas plus contraignantes que la prise de la pilule. Parce qu’elles répondent justement à chacun des problèmes soulevés par la contraception.

– Pas de déconnexion entre acte sexuel et procréation : en effet, elles ne touchent pas à la fécondité d’aucune des deux personnes impliquées, ni physiologiquement, ni mécaniquement. L’idée est simplement, si le couple ne souhaite pas avoir d’enfant dans l’immédiat, de limiter les relations sexuelles aux périodes de non-fécondité (naturelles, pas provoquées) de la femme. Ces périodes pouvant être cernées de manière très précise, au jour le jour, c’est donc d’une efficacité absolue.

– Ce qui implique : pas de banalisation. En effet, le couple est parfois obligé de repousser une relation, même ardemment désirée par les deux. La frustration, à petite dose, entretient le désir, voire le fait grandir. La relation sexuelle reste donc quelque chose qu’on attend, qu’on espère, qu’on prépare. Et reste donc un moment important pour le couple, au lieu de devenir une routine, voire une obligation, surtout pour la femme (le fameux « devoir conjugale »).

– Et enfin, responsabilisation de l’homme, qui est invité à suivre les cycles de sa partenaire plutôt que ses propres pulsions.

Problème : cela implique une relation suivie, basée sur la confiance et le dialogue, et interdit tout « coups d’un soir ». Ce qui, dans la société actuelle du « tout tout de suite », est vu comme une absurdité. Alors que tout le monde y gagne.

Pour plus d’info sur les méthodes naturelles, le livre Se passer de la pilule, c’est possible : secrets d’une sexualité épanouie, de Bénédicte Lucereau, pose les bases, et conseille d’autres moyens d’aller plus loin et plus précisément.

—–

Porcupine Tree, Fear of a blank planet
« And sex is kinda fun, but just another one
Of all the empty ways of using up the day »

Les mâles en péril, une vidéo conseillée par l’ami Polydamas. Dans 7 jours, elle ne sera plus accessible. Si quelqu’un sait l’extraire et la poster à un endroit où elle reste accessible, qu’il n’hésite pas à poster le lien ici.

Publicités