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Hier soir, je suis rentré de Paris vers ma lointaine province en voiture, avec un mien collègue et la radio branchée sur Nostalgie, alors que la moyenne d’âge des passagers du véhicule était de 26 ans. Comme quoi il n’y a pas d’âge pour être deux vieux cons rétrogrades.

Ce trajet m’a rappelé – s’il en était besoin – pourquoi je n’écoute jamais la radio…

Les publicités à elles seules devraient faire vomir n’importe quelle personne ayant un peu de sens commun. Est-il franchement obligatoire, pour vendre un catalogue de Noël, d’évoquer le cul, à base de « Oh oui, continue » susurrés à chaque « et aussi la soupière Kibouille à moins de 299€ » et de « Ah, c’est bon » éructé après l’annonce – incroyable – que « la livraison est assurée avant le 25 décembre, si vous commandez le 20 ! » ? Personnellement, je m’interroge. Mais je ne suis pas publicitaire, ça doit être pour ça.

Que dire de cette « pilule miracle qui absorbe les graisses », et te permet ainsi de réveillonner dignement sans tout rendre avant de te coucher, ce qui nuit un peu il est vrai à la magie désuète de la chose ? Eh, ma grosse, moi aussi j’ai une technique miracle pour réveillonner sans te rendre malade : bouffe moins, picole moins. Tu verras, ça coûte aussi moins cher et ça fait pas grossir. Connasse.

Et surtout, surtout… Il y a vraiment des gens qui envoient « Love » au 3637, 1,35€ plus prix d’un SMS, pour savoir si leur copine les aime vraiment ? Mec, envoie un texto à ta copine, ça te coûtera 1,35€ de moins…

Mais bon, heureusement la radio ne se limite pas aux pubs. Enfin, heureusement… disons que ça dépend.

Hier soir, Alain Souchon était interviewé à l’occasion de la sortie d’un nouvel album. « J’avais l’impression de pas être assez gentil, dit cet irrécupérable méchant de la chanson française (si si, je vous jure), alors j’ai enregistré un album pour les enfants malades du cancer. » Je l’aime bien, moi, Alain Souchon, n’en déplaise à mes camarades de la Fédération de lutte contre la chanson française, mais là, il a fait fort : il a enregistré des chansons populaires de son enfance (donc du siècle dernier, voire de celui d’avant), ce qui permet de dire qu’il ne s’est pas franchement foulé. Et l’écoute d’une de ces chansons confirme : même l’interprétation est plus qu’approximative. J’espère au moins qu’enregistrer cet album ne lui a pas pris plus de 3 jours… Et là, en entendant ça, je me suis posé LA question fatidique : est-ce qu’une bonne action peut pardonner une telle daube ?

Juste après cette interview, on a eu droit à un extrait du prochain album des Enfoirés. J’ai ma réponse…

Plus tard pendant le trajet, j’ai dû subir le dernier single de Yannick Noah, une chanson de plus à base de « monde plus beau », de « différence comme richesse », de choix entre « ténèbres et amour ». Un superbe hymne à la vie. Une bouse de plus.

Et juste après, ils nous ont envoyé Queen, Another one bites the dust, un hymne au duel sur fond de rupture amoureuse, de tromperie, de frapper un homme à terre et de supporter la pression. Pas beaucoup d’amour et de monde nouveau là-dedans. Et accessoirement, un tube gigantesque.

On pourrait un peu facilement conclure que la scène française est daubique, quand les anglais savent faire de la musique. Ce qui ne serait pas complètement faux. Mais je pense surtout qu’il faut conclure de ce contraste qu’on ne fait pas de la bonne musique avec des bons sentiments. « All great art is made from suffering », grogne Shagrath, de Dimmu Borgir, dans un morceau qui manque un tout petit peu de pâquerettes et de frontières qui divisent pas les différences qui sont une richesse d’amour… et qui déchire sa maman.

Conclusion, si les français font de la merde, c’est juste parce qu’ils se sentent obligés de faire du champs de coquelicots et du pique-nique solidaire.

Bordel, Alain, arrête d’essayer d’être « plus gentil », c’est pas ce qu’on te demande. C’est peut-être même une faute professionnelle grave…

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