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Mon camarade François Miclo, qui tient – d’une main de fer dans un gant en acier trempé – le site Tak, donnera une conférence à Strasbourg un de ces jours sur « La presse est-elle finie ? » Si vous êtes à Strasbourg ce jour-là – c’est votre droit, chacun son vice inavouable -, allez-y, ça devrait être intéressant, mais là n’est pas l’objet de cette brève.

Mon objet est d’apporter un début de réponse plus nuancée que celle que je donne d’habitude quand on me demande mon avis sur la question. Réponse qui a en général tendance à refroidir mon interlocuteur, surtout s’il se destinait au beau métier de journaliste, et dont vous pouvez relire les grands traits ici.

Contrairement à ce que peut donc laisser entendre mon constat sur l’état actuel de la Presse, et mes prévisions sur ce qui va lui arriver, je ne répondrai pas un « oui » catégorique à la question posée par Miclo. Et je ne découragerai pas tant que ça les aspirants journalistes. Je leur dirai au contraire qu’ils se préparent à faire un métier qui peut en effet être magnifique quand on peut le faire correctement, ce qui en effet est dur en ce moment, et va l’être de plus en plus. Je leur dirai surtout qu’ils arrivent au contraire dans le métier à une époque qui promet d’être passionnante : nous vivons actuellement une vraie révolution de la Presse (et d’un paquet d’autres choses aussi, mais là n’est pas la question). Tout est à réinventer, en entier, sur des bases complètement nouvelles, qui elles-mêmes restent à définir. Gratuité, instantanéité ? Comment intégrer ces nouvelles habitudes dans le métier ? Des pistes existent, il va falloir les creuser, et ça va être passionnant.

Le seul vrai problème de la presse, aujourd’hui, ce sont les journalistes : les vieux qui sont incapables d’accepter le changement, et les jeunes qui acceptent de se satisfaire d’un métier qui ne ressemble plus en rien à ce qu’il devrait être.

Alors allons-y, fonçons : du passé, table rase n’est pas loin d’être faite. On s’en serait peut-être bien passé, mais maintenant que c’est fait, voyons-y une occasion de tout refaire à zéro, en plus fort, en plus grand, en plus beau !

La preuve qu’il y a des solutions : Causeur, d’Elisabeth Levy, sera bientôt en kiosque. C’est une bonne nouvelle, qui me confirme dans mon idée que rien n’est perdu.
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