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Attention, ceci est une grande première : le texte que vous allez lire est d’un invité, pas de moi. Cet ami – et habituel commentateur ici – m’a envoyé ce texte pour me demander mon avis (oui, mes chevilles ont encore pris un coup) et pour me demander des conseils sur la façon la plus efficace de le partager. Je lui ai donc proposé de le poster ici, afin qu’il soit plus visible que sur un blog tout neuf où il serait resté seul et abandonné. D’autant que je comptais écrire moi aussi sur le sujet : ainsi je me facilite la vie, et tout le monde est content.

Après le bip visuel, le texte n’est donc plus de moi.

————   BIIIIP   ———

Attention… Coup de gueule du jour !!!

Quand est-ce qu’on va arrêter de foncer tête baissée sans nous poser les bonnes questions ! Qu’est-ce qu’on veut ? Qu’est ce qu’on réclame du gouvernement ? Le retrait d’un projet de loi que nous refusons catégoriquement, non ?!

Depuis dimanche je reçois texto, mails et post FB pour m’inviter, que dis-je, m’exhorter à réclamer un référendum présenté comme LA solution. Or, je suis convaincu que demander un référendum revient justement à soutenir cette loi ! Pourquoi ?

Déjà, si nous demandons un référendum, le message central passe de « nous voulons le retrait de ce projet de loi » à « nous voulons un référendum sur ce sujet »… jusque-là tout le monde suit.

Mais ce n’est pas anodin ! Cela revient à accepter que le retrait de ce projet de loi dépend de l’opinion des Français, alors que nous avons toujours soutenu que ce projet de loi est intrinsèquement mauvais, et ce non pour des raisons de convictions personnelles, mais bien en raison de tous les arguments sociologiques, anthropologiques, juridiques, psychologiques… que nous avons avancés ces derniers mois. Jusque-là, je croyais notre opposition inconditionnelle.

Demander un référendum revient en réalité à dire – c’est le principe même du référendum – que nous sommes prêts à accepter cette loi, à condition qu’elle soit acceptée par les Français ! Si nous demandons un référendum et que la loi passe suite à celui-ci, nous ne pourrons plus jamais nous y opposer, et pour cause, la loi sera passée dans le respect des conditions que nous aurons délibérément choisi de poser.

Enfin, cessons d’être naïfs ! Arrêtons de croire qu’un référendum bloquera la loi ! S’il y a un référendum, la loi passera, c’est une certitude, et cela n’a rien à voir avec du défaitisme, c’est du réalisme ! Le gouvernement a des moyens que nous n’avons pas, au moment de voter nous serons – bien davantage encore qu’aujourd’hui – des homophobes intolérants et dangereux, et il sera préférable de se bouger pour nous empêcher une victoire – quelle qu’elle soit d’ailleurs – plutôt que de prendre le risque d’être comme nous. Et même sans ça, n’oublions pas que la majorité des français a été jusqu’à voter Hollande, alors que la plupart d’entre nous, qui refusons ce projet de loi, avions tous voté contre lui. Et puis il suffit d’avoir tracté la semaine dernière ou de se renseigner tout simplement sur ce qui se dit autour de nous, en dehors de notre monde (!), pour se rendre compte que ce n’est pas gagné. On est en pleine illusion, et je ne suis pas le seul à le penser.

Je veux quand même le dire, il y a un boulot génial qui se fait pour trouver une solution, mais celle du référendum n’est pas réaliste. Il n’est pas trop tard pour s’organiser et appuyer encore notre refus de ce projet de loi. A mon humble avis, c’est l’occasion ou jamais de montrer notre entêtement, sinon ce sera à recommencer X fois par la suite avec la PMA, la GPA, l’euthanasie et tout ce qu’on n’ose même pas imaginer. Plus d’un million de manifestants ne suffisent pas… il faut aller plus loin ! Il faut que le gouvernement sache aujourd’hui qu’il a un adversaire réel et crédible.

Je sais, c’est facile de parler et de faire des théories quand on est derrière son ordi, mais je fais ce que je peux à ma hauteur pour éviter une vaine perte d’énergie. J’y crois, et je serai des premiers à me bouger à l’autre bout de la France s’il faut si ça peut faire trembler le gouvernement, mais ne nous trompons pas de voie si bêtement ! Si il y a bien un truc que j’ai retenu de mes études de communication, c’est qu’on garde jusqu’au bout le même message central, alors ne nous éparpillons pas, poursuivons sur la même voie, et revendiquons avec force l’abrogation de loi sur le mariage homosexuel.

Walkelin

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