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Les partisans du mariage pour tous se répandent en ce moment en insultes contre Tugdual Derville, qui aurait selon eux fait un parallèle entre homosexuels et handicapés. Rappelons, même si ça n’est pas l’objet de l’article, que croire que ce serait une insulte pour les homosexuels dans la bouche de Derville est une erreur grossière. Et une vraie insulte, cette fois, pour les handicapés. Mais ça, c’est sûrement un détail, les handicapés ne sont pas reçus par l’Élysée à chaque fois qu’ils l’exigent, eux.

Non, l’objet de cet article est de rappeler deux choses. Premièrement, que « comparaison n’est pas raison » : une comparaison, c’est un outil rhétorique (et la rhétorique, c’est pas un truc pas bien qui permet d’embobiner l’autre, comme le pense le crétin : c’est l’art de dire correctement et avec force ce qu’on a à dire) qui permet, en parlant d’un sujet qui ressemble au sujet qui nous occupe, d’y apporter un éclairage nouveau. Et je dis bien « un sujet QUI RESSEMBLE », pas « qui est identique ». Prenons si vous le voulez bien le premier exemple de comparaison qu’on trouve sur Internet : « Cet enfant est blanc comme un cachet d’aspirine ». Faut-il à la lecture de cette phrase s’indigner de ce que l’auteur ose dire qu’un enfant n’est rien de plus qu’un peu de poudre effervescente ? Dans ce cas, que devrions-nous penser du fameux « La Terre est bleue comme une orange » de Paul Éluard ?

Je ne vais pas plus loin, pour ne pas tomber moi aussi dans le grotesque. Pour ceux qui n’auraient pas compris, la même chose en dessin : non, Pierre n’est pas un âne. Sauf si Pierre est aussi le prénom de celui qui ne comprend toujours pas.

Quant à l’idée selon laquelle faire un parallèle entre deux situations revient à dire que ces deux situations sont similaires, je me contenterai de rappeler une définition mathématique de base : « Deux droites parallèles sont deux droites qui ne se rencontrent jamais ».

Nous sommes en train de crever de ce que c’est le médiocre, celui qui ne comprend rien à rien et qui confond tout, qui édicte les règles du débat. Médiocre qui, parce qu’il croit à l’égalité, ne comprend pas que si lui ne comprend rien, d’autres peuvent poser un regard intelligent sur le monde.

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