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1. Ne nous éparpillons pas

Depuis quelques semaines, ma page d’accueil sur Facebook, et dans une moindre mesure ma boite mail, sont envahies d’articles en tous genres pointant du doigt telle nouvelle initiative du gouvernement, telle incohérence d’un de nos ministres, telle proposition débile d’un autre. Ainsi, hier, plus de 20 de mes amis ont partagé un article annonçant que l’école maternelle serait prochainement renommée « école première », parce que, en substance, « les termes « école maternelle » suggèrent que tout ce qui touche à la petite enfance est exclusivement une affaire de femmes », selon je ne sais plus quel ministre. Peillon, probablement.

Et les commentaires étaient tous enflammés : « Jusqu’où iront ces grands malades ? », « Encore une belle connerie de notre gouvernement », et autres du même genre. Je souscris à ces commentaires et partage l’avis de leurs auteurs : c’est d’une connerie sans bornes.

Mais je m’interroge : pourquoi notre cher gouvernement accumule-t-il ainsi les conneries et les idées débiles autant qu’inutiles ? (Parce que franchement, il y a vraiment plus urgent que de renommer les maternités « parentités », non ? Ce n’est pas à l’ordre du jour, mais on y viendra…) Je ne peux m’empêcher de penser à nouveau (je disais déjà quelque chose de semblable dans cet article) que ce n’est pas par hasard. Je pense très sérieusement que c’est de la manœuvre politicienne : en multipliant les absurdités et les retournements de veste, notre gouvernement cherche à nous épuiser. Parce qu’il sait bien qu’en touchant à ce genre de choses, il va provoquer des réactions. Ils sont assez bons politiciens pour savoir comment tout ça fonctionne.

Mais le résultat est clair : depuis quelques semaines maintenant, chacun de nous est devenu un spammeur de compétition. Avec deux conséquences :

1. Nos amis qui ne se sentent pas concernés par cette affaire commencent à en avoir marre, et nous virent sur Facebook, ou ne lisent plus nos mails, ou n’ont plus envie de nous voir pour le moment parce qu’on ne parle plus que de ça. Pour ma part, dans mes actus facebook, je ne vois plus que des statuts d’opposants au mariage gay. Mes amis musiciens, disparus. Mes contacts littéraires, disparus. Et si eux ont disparu de mon fil, c’est que j’ai disparu des leurs. Nous sommes donc en train de nous enfermer dans notre bulle, entre nous, en perdant tout contact avec l’extérieur. Il n’y a rien de pire.

2. Nous-mêmes, nous commençons à fatiguer, et chacune de ces nouvelles petites piques vient ancrer en nous l’idée qu’on va devoir se battre comme des chiens pendant les cinq prochaines années au moins. Et je ne sais pas vous, mais moi je ne tiendrai pas à ce rythme cinq ans. J’en ai marre de ne pouvoir parler que de ça, de ne penser qu’à ça, de n’écrire que sur ça, de ne rencontrer des gens que grâce à ça et pour ça. J’ai envie de pouvoir écrire des trucs inutiles, avoir des débats abstraits, discuter de la vie qui est belle, diner avec des amis en récitant des poèmes plutôt que des slogans. Même la musique que je joue, en ce moment, est militante.

Alors par pitié, chers amis, ciblons nos combats. « École maternelle » ou « école première », sincèrement, on s’en fout. Le mot « race » retiré de la Constitution, on s’en fout. En soit, c’est con, c’est idiot, c’est inutile, mais c’est franchement pas la peine de se crever pour ça.

Partageons des choses qui en valent la peine, qui font avancer le débat…

(Et maintenant, j’attends de voir sur Facebook si vous considérez que cet article est utile ou non ;))

2. Après eux, le déluge… Et s’il le faut, ils ouvriront les vannes eux-même

C’est en entendant Attali appeler de ses vœux une société asexuée, où l’on ferait naître les enfants hors du corps humain, que j’ai eu une intuition. On constate aisément que les plus ardents promoteurs de ce genre de société qui parait invivable à quiconque a un peu de sens commun, et totalitaire à quiconque à lu 1984, sont le plus souvent des personnes d’un âge dont on dit qu’il est respectable.

Je me demande si ces gens n’ont pas tout simplement une frousse incroyable de la mort. Tellement la frousse qu’ils ne peuvent pas accepter que d’autres continueront à vivre quand eux engraisseront les vers de terre. C’est pourquoi ces gens qui ont connu, dans leur vie, des périodes terribles, certes, mais aussi des périodes de bonheur assez indéniable, où les progrès de la technique facilitaient vraiment la vie, où la croissance augurait des jours toujours meilleurs, où la paix semblait s’installer de plus en plus durablement, ces gens donc ne peuvent tolérer que d’autres soient heureux comme eux l’ont été, et comme ils ne le seront plus jamais. Et font donc tout pour que le monde devienne invivable le plus rapidement possible après qu’ils n’auront plus à le supporter…

Ces gens ont peur, et leur peur les pousse nous seulement à souhaiter le malheur de tous les autres, mais en plus à tout faire pour qu’il soit le plus profond et le plus inévitable possible.

Je n’ai pas fait de recherches là-dessus, mais je me demande aussi si tous ces gens ont des enfants et des petits-enfants. Je suis assez prêt à parier que la plupart n’ont pas la moindre descendance. On ne peut pas vouloir pour ses propres enfants le monde qu’ils préparent aux nôtres.

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