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Cahuzac au bucher ! C’est en substance le message de tous nos politiciens depuis que le scandale a éclaté : notre ministre du budget a des comptes en Suisse.

En soi, il est vrai, c’est honteux. Mais est-ce une raison pour (n’)envoyer (que) Cahuzac au pilori ? La réponse est dans la question. Voilà un homme qui a gagné beaucoup d’argent en travaillant, contrairement à l’immense majorité de nos politiciens, qui ne vivent que sur le dos des gens qui bossent, la plupart pour toute leur vie. Ainsi notre cher Président n’a-t-il jamais travaillé et a-t-il été toute sa vie payé par nous. Au contraire, Cahuzac a bossé, il a même créé une entreprise ; et pour ça, il a gagné beaucoup d’argent, à la sueur de son front, et non du nôtre.

Et qu’a-t-il fait, cet homme ? Il a planqué son fric ailleurs, pour pouvoir le garder. Aurait-il dû, devenu ministre, clarifier la situation ? Probablement. Aurait-il dû, face aux accusations, avouer directement ? Bien sûr. Mais est-il responsable du fait qu’il soit plus avantageux de foutre son fric ailleurs ? Nullement.

Et pourquoi l’a-t-il planqué, ce fric ? Parce qu’il savait ce qu’il lui avait coûté, et qu’il estimait juste et normal d’en profiter, lui, sans en être délesté d’une grosse partie pour nourrir des parasites, qui en plus ne le méritent pas.

Alors lyncher Cahuzac, quand on s’appelle Hollande, Aubry, Désir, quand on est membre du PS, quand on est au gouvernement, quand on est en partie responsable de ce que les riches se barrent ailleurs, c’est pire que ce qu’à fait Cahuzac lui-même. Parce que c’est faire croire que Cahuzac est le seul responsable de ce qui arrive, alors que c’est faux, entièrement faux. Aussi faux que de prétendre que le bijoutier qui se fait braquer et se défend avec une arme est responsable de la mort du braqueur.

Oh, un saut de ligne !

Précisons tout de même au passage que gueuler quand on est de l’autre côté est tout aussi ignoble et mensonger. Il me semble cependant qu’ils gueulent moins, mais je ne doute pas que ce soit uniquement parce que c’est beaucoup plus drôle de laisser l’adversaire s’entre-dévorer, et non pas par grandeur d’âme, ni même par une décence qui serait pourtant élémentaire. Encore une fois, je ne combats pas la gauche pour mettre la droite à la place.

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