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Hier soir, une jeune fille embarquée dans les paniers à salade s’inquiétait de devoir passer une deuxième nuit en garde à vue.

Il y a quelques jours, un ami qui venait de passer 17 heures en garde à vue s’est rendu rue de Rivoli pour participer à une action des Hommen. Avec le risque de finir une deuxième nuit de suite en Gav.

Régulièrement, des pro-MPT viennent sur les pages Facebook ou les blogs tenus par des anti-MPT pour poster des commentaires ironiques sans aucun fond intelligible ; et à chaque fois, il se trouve des gens pour leur répondre, parfois sur plus de 50 commentaires de suite.

En ce moment, certains manifestent tous les soirs, jusqu’à tard, contre le « mariage » homosexuel, et sont dans un état de fatigue assez impressionnant (et je ne parle pas de nos députés, qui ont besoin de notre soutien : allez leur écrire sur Fb, sur Twitter, n’importe où). Leur jeunesse leur permet de tenir le coup, mais il est probable que certains en subiront les conséquences rapidement.

Le combat auquel nous prenons part est un combat extrêmement profond : derrière le « mariage » pour tous, il y a toute une idéologie qui vise à déconnecter l’Homme de sa nature, qui s’exprime déjà aujourd’hui par l’avortement et la contraception, et qui continuera ensuite avec l’euthanasie, la GPA, le gender, en attendant d’en arriver aux utérus artificiels et à la reproduction asexuée, entre autres que je me refuse encore à imaginer. C’est d’ailleurs ce que dit Tugdual Derville quand il parle d’écologie humaine : un retour à la nature pas uniquement dans l’acception « petits oiseaux fleurs des champs » du mot « nature », mais dans l’acception plus philosophique voire métaphysique du terme.

Entendons-nous bien : l’écologie « retour aux petites fleurs qui puent et aux oiseaux qui beuglent » (comme dit un de mes oncles) est une très bonne chose, en soi. Seulement, il apparait assez clairement que cette écologie-là a été déconnectée de tout le reste : d’ailleurs les écolo en France votent pour toutes les lois anti-humaines. Il faut revenir à une écologie qui mette l’Homme au centre : sauver la nature, c’est bien, mais ça doit être pour l’homme, et non contre lui.

On dit que chaque revers a sa médaille : celle du « mariage pour tous », c’est d’avoir fait prendre conscience à un grand nombre de personnes qu’il y a un combat à mener pour défendre l’humain, et que ce combat il fallait le mener tous ensemble, en oubliant un instant les querelles de chapelles qui nous divisent trop souvent. C’est aussi d’avoir permis à certains de dire que le combat est global, qu’il ne suffit pas d’arrêter le « mariage pour tous » mais qu’il faudra, quelle que soit l’issue de ce combat, voir beaucoup plus loin.

Et pour ça, il faudra continuer à lutter, et ça nous prendra du temps, beaucoup de temps. Ça passera notamment par une longue guerre d’usure pour reprendre la main sur ce que nous avons perdu depuis trop longtemps, par paresse, par inconscience, par lâcheté, je ne sais. Il y aurait un article à écrire sur chacun des points qui vont suivre, je ferai donc court ici, et peut-être développerai-je plus tard.

– La culture : l’immense majorité des « artistes » sont du camp adverse, et leur art est une arme incroyable contre nous puisqu’il fait rentrer les idées dans la tête et dans le cœur des gens beaucoup plus efficacement que n’importe quel discours. Et ces idées, ce sont toujours les mêmes : on voit rarement une chanson sur la beauté de la fidélité en amour, ni une sculpture évoquant la grandeur de l’amour de sa patrie, ni une peinture donnant l’envie d’aider son prochain gratuitement… L’art est quasiment toujours engagé dans le sens d’une déconstruction de tout, même quand c’est excessivement discret et subtile : tel bouquin où le héros est forcément un peu homosexuel, quand bien même ça n’apporte rien à l’intrigue ; telle série où le méchant est vaguement chrétien (« V pour Vendetta » ?)…

– L’éducation (ou plutôt l’instruction, le mot lui-même est déjà biaisé – et destructeur) : on ne cherche plus aujourd’hui à former des hommes et des femmes libres, capables de se faire leur propre avis sur le monde, prêts à s’engager pour une cause qu’ils auront choisie. Mais au contraire, on les prive des outils nécessaire à cela, en commençant par l’outil de base : la lecture. Comment un homme incapable de lire une page A4 en moins d’un quart d’heure pourrait-il se forger un avis plus complet que celui que lui imposent les slogans, les chansons (cf. juste ci-dessus), les cours d’éducation civique (« le racisme c’est mal », d’accord, mais ça ne suffit pas), la littérature de gare ?

– La politique : beaucoup n’y croient plus, parmi ceux qui ont nos idées. Beaucoup considèrent qu’ils seront plus efficaces en restant en-dehors de la politique, et ils n’ont pas forcément tort dans l’absolu, mais ça laisse la politique aux mains de nos opposants… qui peuvent donc nous empêcher d’être efficace en-dehors. (J’en ai déjà parlé ici. Le débat est aussi dans les commentaires.)

– Les syndicats : le syndicalisme a mauvaise presse chez nous, si bien qu’il est entièrement aux mains des partis du progrès et de leurs affiliés. Et les syndicats diffusent tous une image du travail et du monde mortifère : le travail ne serait qu’un mal nécessaire, dont il faudrait chercher à se passer au maximum ; les patrons seraient tous des exploiteurs, dont il faudrait se débarrasser ou au moins limiter le pouvoir de nuisance ; etc.

– Et probablement d’autres que j’oublie, bien entendu.

Tout ça pour dire que le combat va être long, très long. Il est même possible que certains d’entre nous n’en voient pas l’issue, quelle qu’elle soit.

Il est donc nécessaire de prendre soin de ne pas nous épuiser dès maintenant dans le premier de ces combats, et de ne pas offrir à nos ennemis trop facilement trop de raisons de nous arrêter, de nous ficher, de nous repérer.

Quand on sort d’une garde à vue, la prudence impose de faire attention à ne pas y retourner immédiatement : ce serait une bonne raison pour les autorités de nous garder plus longtemps, nous empêchant ainsi d’agir pendant plus longtemps. Peut-être faut-il être capable de quitter les lieux dès que les CRS arrivent, pour pouvoir plutôt aller relayer les informations qui nous parviendront.

Quand on est trop fatigué pour agir avec clairvoyance, la prudence impose de préférer une bonne nuit de sommeil plutôt qu’une nuit aux Invalides à chanter avec les Veilleurs. Et quand on est vraiment trop fatigué, peut-être faut-il aller passer un WE chez des amis en province, loin de cette agitation. Chez moi, par exemple : il y a un peu de place.

Et quand un ou plusieurs abrutis viennent poster des absurdités sur une de nos pages Facebook ou sur un de nos blogs, la prudence impose de les bloquer dès qu’il apparait clairement qu’ils ne sont pas là pour discuter, et de supprimer leur commentaire (après une capture d’écran s’il est insultant ou violent) pour éviter que d’autres viennent perdre une énergie qui nous sera précieux à répondre à des trolls dont le seul but est de nous épuiser et de nous pousser à la faute. Parfois, le courage c’est d’accepter de ne pas avoir le dernier mot ; et c’est moi qui vous le dis…

Ne vous inquiétez pas : le combat sera encore là quand vous retournerez sur le terrain, quand vous vous réveillerez le matin, quand vous reviendrez de WE ou quand vous aurez viré un crétin. Le combat sera encore là pendant longtemps. Gardons notre souffle, nous en aurons besoin.

Je précise enfin pour finir que je n’appelle pas à cesser le combat actif. Au contraire : ce combat que nous menons ensemble crée entre nous des liens forts, qui seront très importants plus tard. Nos camaraderies de barricades sont importantes, parce qu’elles dureront longtemps, surtout si nous prenons ensuite le soin, par d’autres combats menés côte à côte, de les transformer en amitiés profondes et vraies. Alors continuons à descendre dans la rue, continuons à nous retrouver face aux CRS, mais n’oublions pas que le combat n’est pas entièrement là, et qu’il ne fait que commencer.

Prenez soin de vous.

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