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La loi a été votée. Mais la lutte continue. Mieux, elle commence.

En effet, aujourd’hui nous allons enfin pouvoir étendre le champ du combat : jusqu’à maintenant, nous étions sans cesse dans la riposte, dans l’urgence, dans la réponse. Le camp d’en face décidait quelque-chose, nous ne pouvions plus que réagir. Nous étions, de fait et sans qu’on n’y puisse grand-chose, des réactionnaires.

Depuis longtemps (je ne m’aventurerai pas à dater le commencement de la chose, même si j’ai ma petite idée), nous sommes engagés dans un duel, un duel à mort entre les forces du progrès d’un côté et les tenants d’une loi naturelle de l’autre. Ce duel risque de durer encore longtemps : les forces du progrès n’ont jamais été aussi fortes qu’aujourd’hui et, à la grande surprise de certains, nous ne sommes pas encore tout-à-fait morts. Mieux, ce nouveau coup qui nous a été porté semble avoir réveillé en nous cette envie de vivre qu’on croyait avoir perdue. Nous avons soudain repris les armes, à la grande surprise de notre ennemi, qui croyait nous avoir épuisé assez pour que ce coup ne déclenche plus en nous la moindre réaction. Au contraire, nous nous sommes réveillés, nous nous sommes relevés, nous avons repris l’arme que notre ennemi nous tendait ironiquement, tellement sûr qu’il était que nous ne la prendrions même plus.

Nous avons repris une arme. C’est une bonne chose. Mais il va falloir aller plus loin. Il va falloir nous rappeler que nous sommes les offensés, et que c’est à nous de choisir l’arme. En effet, depuis quelques mois, nous avons combattu avec les armes imposées par l’ennemi, imposées par l’air du temps qui est l’air tout juste sorti des naseau fumants de l’hydre que nous combattons.

Rappelons-nous : tout avait commencé par un oiseau en collants. Un happening festif pour lutter contre un changement de civilisation. Comme s’il y avait de quoi faire la fête. Puis nous avons marché ensemble au rythme du Gangnam Style et de Lily Allen (celle qui chante « So you say it’s not okay to be gay, I think you’re evil ») et autres du même tonneau. Puis on a même fait la danse du cheval sur le Champs de Mars, à la grande joie de certains. On a fait du festif, on a fait du « cool », on a fait du « pride ». On a clamé qu’on aimait les homos, on s’est habillés en rose, on a cousu des bonnets phrygiens.

La journée portes ouvertes du Fucking Blue Boy ? Non, la Manif pour tous.

La journée portes ouvertes du Fucking Blue Boy ? Non, une manif contre le mariage gay.

On a parlé « égalité », on a parlé « droits », on a parlé « Démocratie ». On a fustigé les extrêmes, on s’est dits Républicains, on a appelé à la révolution. On s’est appelés « Manif pour tous », on s’est appelés « Hommen », on aurait aimé reprendre la Bastille.

On a tenté de tuer l’hydre en en devenant une des têtes.

On a voulu renverser la maison sans remettre en cause ses fondations.

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Mais c’est fini. Maintenant, nous avons le temps de trouver notre propre chemin, pour arrêter enfin de marcher sur les traces de celui que nous prétendons abattre. À toujours courir derrière, nous ne l’attraperons jamais, nous serons toujours susceptibles de tomber dans les embuscades qu’il nous tendra et dans les combats de ralentissement qu’il nous imposera. Il faut maintenant chercher où il veut aller, et y aller avant lui, pour l’y attendre et lui tomber dessus sauvagement, sans lui laisser la moindre chance d’en réchapper.

Nous devons aujourd’hui affuter nos propres armes, développer nos propres techniques de combat, forger nos propres symboles. Nous ne sommes plus dans l’urgence perpétuelle, nous devons en profiter pour renverser le cours du combat, pour imposer notre rythme à l’ennemi, imposer nos champs de bataille, imposer nos armes.

C’est notre seule chance de gagner.

Au boulot.

[Edit : à ceux qui seraient choqués par les termes guerriers de cet article, une petite remise au point par un abbé qu’il est bien, entre autres parce qu’il me cite comme source d’inspiration, et aussi parce qu’il est commentateur régulier sur ce blog :

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… parce que se sont aussi des gens bien, et que cet article est beau. Le combat, c’est tous les jours qu’il se mène. Même si c’est moins rigolo que de chanter des chansons dans un panier un salade ou de courir devant les CRS…]

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