Mots-clefs

, , ,

Un manifestant anti-« mariage » des homosexuels a été condamné dans la nuit de jeudi à vendredi en correctionnelle à quatre mois de prison avec sursis, avec obligation d’effectuer 70 heures de travaux d’intérêt général, nous apprend le Parisien. Il est reconnu coupable d’avoir lancé une bouteille de bière vide sur deux CRS, auxquels il devra verser 400 euros chacun au titre du préjudice moral.

Hasard du calendrier, c’est hier que le gouvernement a pour la première fois affirmé son opposition au projet de loi d’amnistie sociale, deux mois après le vote au Sénat. On comprend bien qu’ils avaient autre chose à faire ces deux derniers mois, mais tout de même, si la loi a été votée au Sénat, c’est bien qu’elle était passée à l’Assemblée avant, sans encombre ni opposition du gouvernement [Edit : la proposition de loi vient en fait des sénateurs. Elle n’est donc pas passée à l’AN avant. Cependant, le gouvernement avait quand même deux mois pour signifier son mécontentement]. Le revirement d’hier tombe donc sacrément à pic (tellement qu’on en douterait presque que ce soit un hasard, si on était un peu complotiste, Dieu nous en préserve), puisqu’il permet de couper l’herbe sous le pied à tous ceux qui, comme moi, se seraient volontiers fendu d’un texte appelant à la cohérence. Et ce n’est pas du complotisme : « Au moment du vote de cette proposition de loi au Sénat, il n’y avait pas du tout le même contexte qu’aujourd’hui », justifie le porte-parole des députés socialistes, Thierry Mandon, contacté par le JDD.fr. « Dans un moment où il y a beaucoup de comportements violents et de dérives en matière de respect des règles de loi, il ne fallait pas donner le sentiment que par ce texte, il y avait ceux qui pouvaient s’amnistier de ces règles et ceux qui devaient les respecter ». Il s’agit donc d’un simple calcul bassement politicien ; rien ne prouve que la loi ne reviendra pas en faveur auprès du gouvernement plus tard.

Notons au passage un des arguments avancés par Thierry Mandon : « A l’examen approfondi du texte et en prenant un peu de temps pour le faire, ce qui a manqué aux sénateurs, on s’est rendu compte que le périmètre de l’amnistie était extrêmement large ». Comment ça, les sénateurs, quand ils sont pressés par le temps, ne peuvent pas étudier bien à fond le sujet et font des conneries ? Toute ressemblance avec des événements récents serait purement fortuite, évidemment.

Autre événement récent qu’on sera bien inspiré d’oublier : cette relaxe étonnante de trois voleurs interpelés par des policiers qui avaient trouvé suspecte leur façon de sortir d’un magasin en courant. Ils ont été relaxés « car la justice estime qu’ils n’avaient pas à faire l’objet d’un contrôle d’identité, au prétexte que courir en sortant d’un magasin ne constitue pas un délit ». Décision absurde et ridicule… Les policiers responsables de l’arrestation devaient probablement figurer sur le « mur des cons » du tribunal local.

Retrouvons maintenant le récit fait par le Parisien de l’arrestation de notre militant anti-« mariage » des homosexuels : « Ironie de l’histoire, le jeune homme a été arrêté mercredi à 1 h 30  du matin, après la fin des incidents, par ces deux mêmes CRS à qui il demandait son chemin, près de l’Assemblée ».

La Justice de notre beau pays considère-t-elle alors que demander son chemin à des CRS « constitue un délit » ? Voilà qui va remettre le marché des plans de Paris d’aplomb.

Qui a dit que notre gouvernement ne faisait rien pour l’économie ?

Publicités