Étiquettes

, , , ,

Au terme de leur marche, les Veilleurs ont prévu d’arriver ce soir, samedi 31 août, à Paris, pour une veillée place de la Concorde, précédée de la fin de la marche depuis la Défense. Une fin de parcours et une veillée qui ont été interdites par la Préfecture de Police, sous le motif de « manifestation non déclarée ». Une décision absurde dans la mesure où il ne s’agit pas d’une manifestation : la PP est donc tout simplement en train d’interdire à des gens de marcher dans Paris et de stationner sur le trottoir pour y lire des textes, sans le moindre trouble à l’ordre public ni à la tranquillité publique. Sans le moindre motif valable, donc.

J’ai mis un peu de temps à comprendre cette décision. Pourquoi interdire un événement dont la presse aux ordres déclarait déjà qu’il était un échec ? Si c’est un échec, ne suffisait-il pas de le laisser se dérouler, et de déclarer le lendemain que c’était définitivement un échec, pour laisser le mouvement d’éteindre ? Au contraire, une interdiction ne pouvait que laisser entendre que, malgré le prétendu échec, cette marche dérangeait, voire faisait peur. Ça ne tenait pas.

Aujourd’hui, à quelques heures de la veillée, l’ami BreizhJournal publie un article que vous pouvez lire en cliquant ici. On y apprend que le pouvoir a prévu d’envoyer des semeurs de trouble dans la marche, pour la discréditer pour de bon. Et également ensuite pour pouvoir arrêter un maximum de marcheurs à cause de ces troubles.

La tactique est évidemment courante, mais il convient de noter que jusqu’à maintenant elle n’a jamais fonctionné avec nous : il est difficile à un policier de plus de 30 ans de se mettre à tout casser dans une manifestation de jeunes pacifiques sans semer le doute. Il m’a même été donné d’assister à la scène surréaliste de policiers en civil, pourchassés par les manifestants déterminés, obligés de se jeter sous la protection du service d’ordre de la manifestation qu’ils tentaient de faire dégénérer. Le tout avec l’air con et la vue basse du gamin qui s’est fait gauler en train de piquer du chocolat dans le placard.

Tout ça, le pouvoir le sait. Si bien que BreizhJournal croit même savoir que c’est « une unité d’infanterie de marine » qui sera mobilisée ce soir. Probablement pour ne pas diminuer les forces de police…

Que pouvons-nous conclure de tout ça ? Que le pouvoir a décidé de frapper très fort ce soir. En effet, l’interdiction seule ne servait à rien : il était clair que les Veilleurs ne se laisseraient pas arrêter par ça, puisqu’ils ont la loi avec eux. Il était évident qu’ils marcheraient et veilleraient quand même, et le pouvoir ne pouvait pas l’ignorer. L’interdiction seule ne servait à rien ; il reste au pouvoir à créer les motifs de l’interdiction : le trouble à l’ordre public. Sans troubles, le pouvoir se ridiculise, et se retrouve à interdire la simple circulation des personnes, ce qui la foutrait assez mal au « Pays des droits de l’homme ». Il ne peut donc plus maintenant faire autrement que de créer ce trouble. Et une fois le trouble créé, à sévir en raison du trouble lui-même, mais aussi en raison du refus d’obtempérer à l’interdiction et en raison de la non-déclaration de manifestation.

Et d’un seul coup, ils se donneront raison à eux-même sur toute la ligne. Et pourront répondre avec la sévérité dont ils ne font plus preuve pour les vrais criminels, dans le but de commencer l’année scolaire par un énorme coup d’arrêt. En s’attaquant dès la veille de la rentrée au plus pacifiste des mouvements liés à la Manif pour tous, ils donnent le ton de l’année à venir. Et espèrent que ça nous fera assez peur pour nous dissuader de relancer la machine.

Manque de bol pour eux, il est probable qu’ils se plantent lourdement là-dessus. Une fois de plus…

Soyez prudents tout de même, amis Veilleurs…

_____________________________________

Ce texte n’est pas libre de droit. Si vous voulez le partager à vos lecteurs, un lien suffit. Le copier/coller tue l’information (plus de détails ici) et est passible de poursuites. Je n’hésiterai pas à faire valoir mes droits, qui que soit le copieur.

Publicités