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On me reproche souvent (probablement pas complètement à tort) (mais ça je n’accepte pas qu’un autre me le serve, alors vos gueules) d’être trop négatif, de ne parler que de ce qui ne va pas. Alors aujourd’hui, je vais vous partager un de mes gros coups de cœur du moment : c’est une vidéo qui m’a mis la larme à l’œil.

On y voit des gamins turbulents, grossiers, bagarreurs, avec un accent de banlieue à couper au couteau, qui font la promo de leur école avec des grands sourires et un enthousiasme communicatif. On y voit des gamins en sweat à capuche d’uniforme vouvoyer leurs professeurs, eux-même en costard-cravate et qui eux-mêmes les vouvoient. On y voit des gamins multicolores danser une danse traditionnelle bretonne ou arlésienne avec un canotier en paille et un petit tablier. On y voit une gamine poser des questions à son directeur, reprise avec le sourire sur un point de vocabulaire (qui lui servira toute sa carrière de journaliste, si elle y parvient, ce que je lui souhaite : « dire » est à proscrire…), et qui accepte la correction de bonne grâce. On y voit ces mêmes gamins régler leurs problèmes en en discutant (« Tu te comportes comme un gamin ! ») plutôt qu’en se tapant sur la figure (même si manifestement ils ne parviennent pas toujours à s’en empêcher), et finir même par se trouver les uns les autres des qualités, et se le dire.

On y voit des gamins heureux d’être à l’école, alors qu’ils sont exactement les mêmes que ceux qui finissent par ne même plus aller en cours pour plutôt aller braquer des bijoutiers.

On y voit une école qui fonctionne, qui apprend à lire et à écrire, ce qui est la base, mais qui apprend surtout la confiance, en soi (je ne suis pas qu’un gros nul qui n’arrive à rien) et en les autres, qu’ils soient camarades de classe (le mec avec qui je me suis frité ce matin, c’est aussi lui qui me donne le sourire quand il fait l’idiot) ou adultes (le prof qui me met une mauvaise note est aussi celui qui m’aide à franchir le pont de singe).

On y voit une école indépendante qui fait son boulot, précisément à l’endroit où l’école de la République n’y parvient plus : à Montfermeil, en banlieue parisienne, une de ces banlieues-dortoir que tout le monde préfèrerait quitter.

C’est ici :

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