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Décidément, cet article aura fait beaucoup de bruit. On s’est étripé en famille pendant le diner, on en a parlé dans les rédactions nationales, et il parait même que l’Élysée a reçu une note sur l’affaire. Je parle bien sûr de mon article sur les femmes, leur intelligence et leurs enfants. Article que je vous invite, si ce n’est déjà fait, à aller lire en cliquant ici. Puis revenez avant de me maudire et de décider de ne plus jamais passer sur ce blog : je vais expliciter ici certaines choses au sujet de cet article, pour essayer de calmer la polémique.

Car oui, polémique il y a, apparemment. Cet article a été partagé près de 300 fois sur Facebook, et dans 90% des cas c’était pour me désigner à la vindicte populaire. Et dans 99% de ces 90%, c’était pour de mauvaises raisons.

Je reconnais, après plusieurs relectures attentives, que cet article n’était pas des plus clairs. Je m’en confesse : je l’ai écrit rapidement, juste après une discussion avec ma femme sur le sujet, en mêlant de façon peu clair humour et sérieux. Je reconnais aussi avoir trop insisté sur des points secondaires, et pas assez sur ce qui me semblait important. Pour ma défense, il semble cependant que j’ai bien fait d’insister un peu sur ces points secondaires, tant ce qui me semblait évident ne l’était en fait pas du tout pour beaucoup de monde.

Cet article (celui-ci que je suis en train d’écrire) vient tenter de remettre les pendules à l’heure. Je vais y répondre à quelques questions qui sont revenues souvent, re-préciser ce que je voulais dire en rédigeant l’article incriminé, et tirer des conclusions de cette polémique. Car cette polémique dit beaucoup de choses, et confirme pour beaucoup le raisonnement que je tenais…

Pour ce faire, je vais reprendre le texte de départ dans l’ordre de lecture.

C’est prouvé : les femmes intelligentes ont moins d’enfants que les connes.

Cette phrase, légèrement provocante je le reconnais, est une accroche. Je précise dès maintenant que le reste du texte la contredisait en partie, puisque j’ai tenté moi-même de le re-prouver. Avec plus ou moins de succès, mais c’est une autre question. Je précise également que, si j’ai tout du long opposé « connes » et « intelligentes », c’était pour gagner du temps et éviter d’écrire cinquante fois dans l’article « des femmes à l’intelligence moins élevée que la moyenne ». Pire, j’aurais probablement dû trouver cinquante façons de le dire. Cauchemar. Bien entendu, je sais que « connes » c’est pas gentil, et je sais aussi qu’entre les « connes » et les « intelligentes » il y a un paquet de stades intermédiaires. Néanmoins, je continuerai à utiliser cette simplification dans cet article.

Probablement parce que beaucoup sont issus de familles nombreuses, et tolèrent mal de lire que leur mère et leur femmes sont des connes, puisqu’elles ont eu beaucoup plus d’enfants que la moyenne. Passons outre le fait évident qu’un lien de causalité n’est pas forcément à double-sens – et donc qu’il n’y a pas d’insulte ici – pour essayer d’aller un peu plus loin.

Ici, dès le début de mon texte, donc, je précise bien que si « conne » entraine généralement « beaucoup d’enfants », l’inverse n’est pas vrai. Ce qui veut dire qu’avoir beaucoup d’enfant ne rend pas conne. Et donc qu’il est tout-à-fait possible d’être intelligente ET mère de famille nombreuse. Prenons un exemple : être très grand rend plus probable la possibilité de faire une carrière de basketteur. Pourtant, aussi incroyable que ça puisse paraitre, faire du basket ne rend pas grand. La preuve, je n’ai jamais fait de basket. Mais j’ai fait du cheval, et je ne suis pas devenu petit comme le sont souvent les jockeys. J’ai écris « évident » dans ma phrase, apparemment ça ne l’était pas.

En effet, il me semble que cette affirmation n’est pas complètement dénuée de tout fondement.

La suite allait tenter de le prouver ET de l’expliquer. Deux options : soit j’en ai trop dit, soit je n’en ai pas assez dit… Allons-y donc, développons. Si je maintiens le raisonnement global, je doit préciser certaines choses.

ATTENTION : je ne dis pas que les gens issus d’un milieu social défavorisé sont forcément cons. Je constate seulement que le milieu social évolue aussi en fonction de l’intelligence, ce que personne ne songera à nier, je pense.

Là aussi, de la prudence et de la nuance, que beaucoup n’ont pas vues, m’accusant de dire que tous les pauvres sont cons et que tous les riches et puissants sont intelligents. Pour ceci, je vous renvoie d’abord à cet article, ici. Ensuite, j’ai précisé en commentaire le pourquoi de ce lien. Voici ce commentaire :

« Il y a quatre cas de figure.

1. Des riches ont un enfant intelligent. Il pourra effectivement faire des études longues, avoir un « bon » boulot (pas de débat sur ce qu’est un « bon » boulot, par pitié, c’est pas la question !), et restera plus ou moins dans son milieu social.

2. Des pauvres ont un enfant con. Il ne fera pas beaucoup d’études, par manque de capacités ET de moyens. Il restera con et ne changera pas de niveau social : il restera pauvre (pas directement parce qu’il est con, mais parce qu’il aura un boulot peu rémunérateur).

Voilà, là on a les deux cas les plus simples. Continuons avec les cas plus compliqués.

3. Des riches ont un enfant con. Ils le mettront dans toutes les écoles qu’ils voudront, il n’en restera pas moins con. Subséquemment, il ne fera probablement pas une carrière formidable, et stagnera dans son milieu, voire descendra d’un cran parce qu’il devra choisir un métier moins reconnu. Ses enfants seront soit plus intelligents que lui, et ça nous renvoie au point 1, soit aussi cons ou plus cons que lui, et on reprend ce point 3 au début avec eux. (En n’oubliant pas que le riche du début sera un peu moins riche à chaque génération.)

4. Des pauvres ont un enfant intelligent. Malgré le peu de moyens, il aura une chance de faire des études, pas forcément très longues ni très prestigieuses (c’est cher), mais qui lui permettront néanmoins de grimper un peu de niveau social. Ses enfants seront soit aussi cons que ses parents, et on revient au niveau 2, soit aussi ou plus intelligents que lui, et on reprend ce point 4 au début avec eux. (En n’oubliant pas que le pauvre du début est un peu moins pauvre à chaque génération.)

Bien, si on fait ça sur plusieurs générations, on constate que les intelligents montent, quand les cons descendent. De plus, plus un intelligent monte, plus il a les moyens d’aider ses enfants à développer leur intelligence (qui a de plus en plus de chances d’être plus importante, cf. hérédité). Et au contraire, plus un con descend, moins il a de moyens pour aider ses enfants (qui seront pour la même raison – hérédité – plus susceptibles d’être cons) à monter.

Et donc, plus le temps passe, plus les cons se retrouvent en bas de l’échelle, et plus les intelligents se retrouvent en haut. »

N’avez-vous jamais, bien malgré vous, lâché une moue effrayée en observant les méthodes d’éducation d’un jeune enfant,

[…]

Et d’un autre côté, on constate aisément que des femmes éduquées, ayant fait des études et sachant distinguer un château Figeac d’un verre de Coca

Avec ce long paragraphe se pose la question du lien entre éducation et intelligence. « On peut très bien être intelligent sans être cultivé », précise le père Tarain (comme « pain ») à Depardieu dans Les Anges gardiens. C’est évident, et l’inverse est vrai aussi, mais il me semble clair aussi que l’éducation, qui consiste à donner à ses enfants les outils pour s’en sortir dans la vie (sur tous les plans) ne se fait pas sans intelligence. Et une intelligence complète, pas seulement l’intelligence abstraite dont certains ont cru que je parlais. Non, une intelligence qui est une compréhension du monde, dans toutes ses facettes. Si bien que si mon parallèle était évidemment outré, je maintiens qu’il existe un rapport entre éducation et intelligence des parents. Je précise : des parents. Ce qui fait qu’une personne intelligente peut être mal éduquée si elle n’est éduquée que par des cons. Et donc voir son intelligence naturelle étouffée par son éducation conne.

Oui, il est évident qu’effectivement les femmes intelligentes ont moins d’enfants, en moyenne, que les femmes moins intelligentes.

Là où l’article pèche, c’est qu’il feint de croire que c’est naturel, que c’est directement lié.

On entre là dans la partie « analyse » de l’article : j’essaie de comprendre pourquoi ce lien, parce que je ne peux pas croire à l’automatisme « connerie » = « beaucoup d’enfants », et surtout pas à un automatisme qui ne soit que naturel. Il y a forcément des raisons plus culturelles.

La comparaison entre les parcours de Jeannine et Marie-Adélaïde (là aussi, le choix des prénoms tendait à montrer que je ne croyais pas en l’automatisme…), si elle me semble intéressante, est peut-être trop longue. Et trop pleine de clichés, alors que le fait de donner des prénoms laisse trop penser qu’on étudie un cas particulier. Ça n’était évidemment pas le cas, l’objectif était simplement de 1. expliciter les raisons qui font qu’une conne a moins d’enfants qu’une intelligente 2. créer la transition vers la suite.

Bien, pourquoi ai-je fait tout ce déroulé ? Parce que la phrase la plus intéressante de cet article est la suivante : « Cela implique qu’une société où des femmes intelligentes font moins d’enfants évolue potentiellement vers plus de stupidité ».

Et là, on rentre dans ce qui commençait, à mes yeux, à pouvoir provoquer un débat. Et je m’en réjouissais, parce que ce débat est important. Et manque de pot, il est passé complètement à la trappe. D’où cet article d’explication qui peut paraitre un peu fastidieux, j’en suis désolé. Voilà en gros tout ce que l’article, jusqu’à maintenant, voulait prouver :

Il est évident que la société, à ce rythme, évolue effectivement vers une disproportion de plus en plus énorme entre les gens intelligents et les gens moins intelligents. Gens moins intelligents qui ont chacun le même poids politique que chacun des gens intelligents : la politique se dirige donc vers de plus en plus de connerie, puisque les cons pèsent de plus en plus lourd dans la balance.

Et pourquoi prouver ça ? Parce que, et là nous sommes dans le vrai sujet de l’article :

Qu’est-ce que tout cela prouve à l’évidence ? Qu’une société qui pousse les femmes à faire des études longues et à privilégier leur carrière à leur famille est une société qui se suicide à petit feu.

Voilà. C’est là-dessus que je voulais qu’on parte, qu’on débatte, qu’on s’étripe si besoin, mais qu’on s’interroge vraiment. Et un autre indice clair était fourni dans un post-scriptum :

En fait, ce que cet article prouve surtout, c’est qu’effectivement la société ne fait rien pour valoriser le rôle de mère de famille.

Voilà les deux petites phrases qui n’ont manifestement pas été prises à leur juste valeur par celles de mes lectrices qui m’ont intenté, ici un peu mais surtout sur Facebook, un procès en sorcellerie. « Tu méprises les mères de famille, Fik, c’est dégueulasse… » Non : je regrette au contraire que la société ne fasse rien pour valoriser ce rôle dont je disait également qu’il pouvait « sauver la France ».

D’où ma conclusion : mesdames, faites des enfants, et faites-en d’autant plus que votre QI est élevé. Et ainsi, vous sauverez la France.

En clair, cet article voulait en fait soulever deux questions.

La première est celle de la médiocratie actuelle, qui ne pourra que s’aggraver tant qu’on ne redressera pas la barre de la natalité. Avec en filigrane la question de la viabilité de la démocratie dans une société qui devient de plus en plus conne. Si bien que me servir l’argument « Nos dirigeants sont des cons, ce qui contredit votre raisonnement » est une erreur absolue, puisque c’est exactement ce que je dis : logiquement, des cons ne peuvent voter que pour des cons, surtout quand l’élitisme est jeté aux orties…

L’autre question est celle de la place des mères de familles, et plus exactement des mères qui acceptent et décident d’être mère à temps plein, et pas seulement sur le temps que leur carrière leur laisse libre. Et là encore, les réactions de nombres d’entre elles, qui pensaient me contredire, me donnent en fait raison : la mère de famille aujourd’hui vit mal son état, alors même qu’elle l’a plus probablement choisi que celles de la génération précédente. N’est-ce pas la preuve que notre société a relégué les mères au fond du placard ? Au contraire, une société saine doit remettre les mères au premier rang, car c’est elle qui donne naissance aux futurs membres de la société, et qui les rend aptes à vivre en société. C’est donc la question de la place de la femme que j’entendais soulever, tout en disant aux mères de familles nombreuses que c’était elles qui sauvaient la France. Chose dont je crois justement que plus aucun de nos politiciens n’est capable.

On est bien loin du mépris, non ?

PS. En général, regarder les mots clé d’un article n’est pas inutile. La preuve 😉

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