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Suivre une manifestation de son salon, devant la télévision branchée sur BFM et Itélé, est une expérience intéressante, surtout quand on en a passé un paquets d’autres sur le terrain, ne pouvant regarder ce qui a été dit que le lendemain.

Je ne ferai pas de compte-rendu de la manif, vous invitant plutôt à aller lire celui de l’ami Breizhjournal en cliquant ici. En revanche, ce que j’ai vu et entendu confirme une idée que j’ai depuis quelques jours.

Soyons clairs : être nombreux à une manif ne sert à rien. Sans rentrer à nouveau dans la guerre des chiffres, il est évident que la Manif pour tous l’a prouvé à plusieurs reprises, en réunissant les manifs les plus énormes de ces deux dernières décennies, sans le moindre résultat. De plus, la presse se fait le relais complaisant des batailles de chiffres entre organisateurs et préfectures, sans même songer à prendre parti. Il me semble qu’un journal pourrait bien demander son avis à un spécialiste du comptage de foule pour donner un chiffre indépendant. Qui vaudrait ce qu’il vaudrait, mais qui permettrait peut-être d’équilibrer la balance. Dépendre de l’État ou des organisateurs des manifs pour une info de cette importance me semble un tout petit peu léger.

Il est tout aussi évident que se confronter aux CRS sur une zone réduite et délimitée ne sert à rien. D’abord, les CRS ne sont pas la cible : leur taper dessus est donc absurde en soi. Ensuite, concrètement, la vraie cible s’en fout qu’on attaque ses CRS : un blessé dans les rangs des forces de l’ordre ne doit pas les déranger plus qu’un petit pois sous leur matelas. Le CRS est le pantin du système, et en cela il est tout aussi victime que le manifestant. Quant à la presse, elle ne cesse d’assimiler les manifestants les plus énervés à des « casseurs », des « jeunes venus pour s’affronter aux CRS ». Et d’interroger uniquement des gens « attristés par cette violence », qui « comprennent la colère de ces gens mais… », voire des syndicalistes : au moment où j’écris ces lignes, une responsable FO parle de « mouvement pacifiste ».

Enfin, il me semble que pour l’instant l’idée même d’un mouvement d’ampleur visant à déborder les CRS pour atteindre un quelconque objectif n’est pas d’actualité, principalement par manque d’objectif clair. Si on déborde le dispositif de sécurité, on fait quoi, on va où ? Si on prend un lieu symbolique, qu’est-ce qu’on en fait ensuite ? Pour le moment, on ne sait pas, et il n’y a pas d’alternative crédible à ce gouvernement qui fasse suffisamment consensus.

pouet

Partant de là, que fait-on ?

Venir nombreux ? Inutile. Casser dans les manifs ? Présenté comme un dérapage. Déborder les CRS pour marcher sur un lieu du pouvoir ? Rien à mettre à la place.

Il reste pour moi une solution. Il faut détruire du matériel qui appartient à l’État, hors des manifestations, calmement, méthodiquement, et de façon assumée. Sans haine ni violence, de sang-froid. Et surtout, autant que possible, de façon à leur faire perdre du pognon.

Il faut détruire les radars comme les portiques écotaxe, il faut badigeonner les bâtiments publics d’affiches, il faut bloquer les péages, il faut bloquer les portes des administrations. Et recommencer autant de fois qu’il le faudra. Et revendiquer chaque action.

C’est à mon avis la seule solution aujourd’hui pour nous faire entendre de ce pouvoir autiste.

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