La réforme des rythmes scolaires de Vincent Peillon, une décision proprement révolutionnaire

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Ils ont fait sauter la liberté de conscience des maires. Ils préparent la suppression de la liberté de conscience des sages-femmes. C’est quoi la prochaine étape ?

[Ajout à 21h52 : ils ont aussi fait sauter la liberté de conscience des fans de tuning…]

Cette semaine est une semaine de mobilisation contre la réforme des rythmes scolaires. Cette réforme, déjà appliquée dans un certain nombre d’écoles-cobayes et applicable partout l’an prochain, consiste à réduire le nombre d’heures de classe chaque jour pour les élèves de maternelle et de primaire, et de les faire aller en classe 5 jours par semaine au lieu de 4. L’idée de base est « d’imiter les pays anglo-saxons », d’après Peillon. Sauf qu’évidemment, il a fait ça n’importe comment. J’en ai déjà parlé dans cet article (l’exemple numéro 3) :

— Bloc de citation de mon article précédent —
(Et je m’autocite si je veux, d’abord…)

Monsieur Peillon prétend avoir constaté que l’école Républicaine ne remplit plus son rôle, qui est d’apprendre aux enfants tout ce qui sera nécessaire à leur vie d’adulte. Comme c’est un grave problème, monsieur Peillon a décidé de le résoudre, et a pour cela proposé de changer les rythmes scolaires. Ainsi, disait-il, les heures de cours seront réparties de façon plus équilibrée sur la semaine, et les enfants apprendront mieux. Manque de pot, il se trouve que ça ne marche pas, tout le monde s’accorde à le dire, que ça soit Aleteia ou Libération, en passant par TF1 : c’était une erreur, les enfants sont déboussolés, les profs ne comprennent pas, les parents ne peuvent plus s’organiser. C’est raté.

Jusque là, on pourrait croire que Peillon n’est qu’un Shadok de plus. Sauf qu’il a écrit pas mal de choses sur l’école et sur son rôle : pour lui, l’école sert à « arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel ». Chose qui ne peut se faire qu’en aidant l’enfant à se détacher de sa famille, de son milieu social. Voilà qui est extrêmement difficile à accomplir en 7 heures par jour 4 jours par semaine, quand l’enfant passe le reste de son temps, soit 17 heures par jour plus 3 jours complets, dans sa famille. La solution est donc… celle qu’a appliquée Vincent Peillon : obliger l’enfant à passer non plus 4 mais 5 jours à l’école, et en allongeant les périodes d’activités périscolaires. Ainsi les pauses déjeuner durent-elles maintenant plus de deux heures, par exemple. La réforme Peillon prévoit aussi que, sur ce temps périscolaire, les enfants puissent participer à des activités diverses. Diverses, certes, mais toutes supervisées par l’école :

Qui est responsable des élèves pendant les activités pédagogiques complémentaires ? Les enseignants sont responsables des élèves pendant ces activités, puisqu’elles font partie de leur temps de service.

Source

L’enfant reste donc beaucoup plus de temps sous la coupe de l’Éducation nationale, au détriment de ses parents. Parents qui par ailleurs ont de moins en moins l’occasion de regarder ce que font leurs enfants, ne serait-ce que parce qu’il n’y a plus de devoirs à la maison : tout est fait à l’école… où restent donc les cahiers de l’élève, par exemple.

Peillon n’est donc pas un homme dépassé par une crise qu’il n’a pas su anticiper. Au contraire, il l’accompagne volontairement, pour atteindre par petites étapes l’objectif qu’il s’est fixé : la main-mise de l’école sur les enfants, pour les « arracher » à l’éducation de leurs parents.

— Fin du bloc de citation —

Vous la voyez venir, la suite ? Les prochains à se faire sucrer leur liberté de conscience, ce sont bien entendu les parents d’élèves…

Bientôt ils interdiront aux parents de refuser d’infliger ça à leurs enfants. C’est déjà le cas en Allemagne : « Une mère de famille allemande a été condamnée à plus d’un mois de prison ferme pour avoir refusé de faire suivre à ses enfants les cours d’éducation sexuelle d’une école primaire publique locale« . (Source)

Puis ils interdiront les écoles libres, après avoir déjà « exclu ces structures scolaires du champ d’application des réductions fiscales ». (Source) En clair : les frais d’inscription ne sont plus déductibles des impôts.

Puis ils interdiront l’école à la maison ou par correspondance.

Le tout en faisant en sorte que les enfants passent de plus en plus de temps à l’école, et donc de moins en moins avec leurs parents.

_____________________________________

Ce texte n’est pas libre de droit. Si vous voulez le partager à vos lecteurs, un lien suffit. Le copier/coller tue l’information (plus de détails ici) et est passible de poursuites. Je n’hésiterai pas à faire valoir mes droits, qui que soit le copieur.

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28 réflexions à propos de “ La réforme des rythmes scolaires de Vincent Peillon, une décision proprement révolutionnaire ”

  1. Dans l’article sur la voiture hollande-demission.fr :
    « la police a saisi la voiture, pour être ensuite enlevée par des véhicules de fourrière »
    Je suis admiratif de cette prise de position de la fourrière.

  2. Marie Coulon a dit:

    D’accord avec ce qui est écrit ici.

    Je ne lis cependant aucun commentaire sur les CONTENUS des enseignements, qui ne peuvent que souffrir de cette confusion de l’animation et du scolaire.. laquelle mène à penser que savoir et animation sont équivalents..ou à penser que la culture sera enseignée dans le péri-scolaire et DONC que ce qu’on apprend à l’école n’est pas de l’ordre de la culture. Les instits sérieux apprécieront.

    Je m’inquiète à juste titre de ce que les profs, les instits, les parents…personne ne s’inquiète ASSEZ du fait que les contenus SERIEUX soient réduits à des peaux de chagrin et que pendant ce temps , le programme soit encombré d’imbécillités du genre « quels aliments faut-il mettre en bas du réfrigérateur ou quels papiers vont dans la poubelle bleue? Je ne plaisante pas.J’ai trois enfants.
    La connerie va grandissant : c’est à l’école qu’on apprend à envoyer un mail, à traverser une rue ou à respecter les différences de choix sexuels et pas chez ses parents. Mais à l’école en revanche, on n’apprend plus les Fables de la Fontaine, les différentes sortes d’arbres, les mille et une façons de tourner une phrase en variant syntaxe et vocabulaire..
    On dit que les élèves s’ennuient..Que l’école ne les intéresse plus et on refait du « ludique » de plus en plus. Mais les élèves s’ennuient encore plus avec un enseignement idiot , méprisant pour eux et dont l’aspect ludique est immédiatement raté. Car ce qu’on ne dit pas, c’est que tous les élèves veulent apprendre et qu’une de sources de la violence scolaire c’est l  » ECOLE SANS L’ECOLE « . Ayant enseigné dans toutes les ZEP possibles autour de Paris, je crois pouvoir l’affirmer.
    C’est cet encombrement, joint à l’utilisation de plus en plus fréquente (et considérée comme allant de soi) de l’ordinateur qui fait que  » les programmes sont trop lourds » ..et que, n’ayant plus le temps d’enseigner l’essentiel, nos enseignants ne transmettent plus la haute culture mais l’accessoire.
    Sans compter que bien des jeunes enseignants ne sont plus des gens cultivés. Qu’il s’agisse des instits ou des profs. Logique. Ils sont les premiers à n’avoir pas pu hériter.
    Ce que nous vivons depuis les années 2000 surtout est dramatique . Des livres, dont celui de Brighelli, l’ont montré: nous fabriquons des crétins.

    Il serait temps de faire grève contre ça, élèves, parents, instits, profs. Aimer la France, la faire aimer à ceux qui veulent y vivre, rendre TOUS les Français fiers de l’héritage judéo-chrétien et de tous les enrichissements qu’il sait accueillir (et pour ça, l’apprentissage du vocabulaire est passionnante)…passe par connaître et transmettre la culture française. Dont bien sûr, l’héritage religieux est partie prenante. Ce qui permettrait à n’importe quel prof incroyant d’interpréter les références bibliques présentes dans toute notre littérature et nos arts, notre musique…sans porter atteinte à la laïcité mais en rendant justice à l’héritage.

  3. Il me semble que cet appauvrissement des programmes est dénoncé régulièrement. Pas avec autant de force ni d’efficacité qu’on le souhaiterait, évidemment, mais c’est régulier. Et c’est souvent fait mieux que je ne saurais le faire, c’est pourquoi j’ai préféré me concentrer sur un point problématique, sachant que ce que vous pointez est contenu en filigrane dans mon raisonnement : si les programmes étaient bons, si le contenu était de qualité, ça me dérangerait moins qu’on veuille y soumettre nos enfants plus longtemps.

    Ceci dit, vous avez raison de le rappeler : l’urgence dans laquelle nous nous trouvons ne doit pas nous faire oublier d’autres combats plus profonds, de plus longue haleine.

    C’est d’ailleurs pour ces raisons que j’ai publié il y a peu un article sur le Cours Alexandre Dumas, qui me semble faire exactement ce que vous souhaiteriez voir généralisé. Si vous ne l’avez pas déjà vu, je vous propose d’aller lire ça ici : https://fikmonskov.wordpress.com/2013/09/18/des-enfants-heureux-daller-a-lecole-ca-existe-la-preuve/

    PS. J’ai corrigé votre premier commentaire, et donc supprimé votre deuxième 🙂

  4. Et celui d’un autre (qui n’est plus élu pour longtemps : il est détesté, à raison) : http://videos.tf1.fr/infos/2013/le-plaidoyer-d-un-maire-en-faveur-de-la-reforme-des-rythmes-scolaires-8311267.html

  5. Fabien Fabien a dit:

    La France est tout simplement entre les griffes du lobbie qui n´existe pas et des franc-macs . Ensemble il sont en train de DÉMANTELER la Fance , économiquement et ethniquement pour mettre en place le NOM .Et le bon peuple n´a encore RIEN compris et laisse pisser !

  6. « pour mettre en place le NOM » ? Je dois être « du peuple », mais là je ne comprends pas.

  7. Vénus a dit:

    Le nouvel ordre mondial qui veut que les enfants appartiennent à l’état. C’est déjà commencé en Ecosse d’après un lien que j’ai lu. C’était dénoncé par Farage.

  8. Vénus a dit:

    Je ne retrouve pas le lien sur l’Ecosse mais je trouve cela et franchement c’est terrible. Et çà veut bien dire qu’ils ont tous mis en place pour avoir la main mise sur l’éducation de nos enfants, une éducation pauvre de préférence et abêtissante.

  9. Vénus a dit:

  10. Ouais, alors « Nouvel ordre mondial », ça me les brise violemment : y’a pas mieux pour passer pour un complotiste illuminé, ce qui est quasi-pire que de passer pour un facho aujourd’hui. A mon avis, ce sont des termes à exclure complètement si on veut être entendus.

  11. Marie a dit:

    Merci!Je vais lire les liens que vous me donnez. . Et j’approuve votre réponse à Fabien
    A bientôt.

  12. le malheur c’est que l’idée de peillon de supprimer tout « déterminisme » en prenant l’enfant en otage à l’école, moi j’appelle ça au contraire: substituer plusieurs déterminismes différents (2 parents différents + école, ca fait au moins trois) par un seul et même déterminisme (puisqu’après tout, l’école « républicaine » en est un).

    Mais l’auto-contradiction n’est pas quelque chose qui gêne le ministre.

  13. Cher Fikmonskov, je rajoute que vous faites preuve de lucidité en nous assurant que l’échec de cette réforme est « voulu » par Peillon.

    Et si vous alliez encore plus loin, je veux dire: et si la baisse du niveau scolaire en général était, elle aussi, voulue par Peillon?

    N’est-ce pas là un nouveau moyen pour la gauche de rester au pouvoir après tout, elle qui contrôle déjà la distribution de pain et de jeux?

  14. Bien sûr que si, c’est clair et évident depuis longtemps 🙂

  15. Ajax a dit:

    N’importe quoi. Le périscolaire est facultatif. En gros les enfants allaient au périscolaire le mercredi matin (ou pas), maintenant ils vont au périscolaire en fin d’aprèsm. Révolution, mon oeil. Il faudrait peut-être garder les grands mots pour des évènements qui les justifieraient.

  16. Et les parents qui bossent (soit 90% des parents au moins), comment font-ils pour que leurs enfants n’y aillent pas ?

  17. AFNOU a dit:

    C’est une réforme calquée sur le modèle de socièté allemand (les femmes travaillent beaucoup moins en Allemagne et peuvent aller chercher leurs enfants à 15H ou 15H30 -> pas ou peu de périscolaire). Cependant, ici, en France, les femmes traaillent beaucoup plus : elles ne peuvent pas aller cercher les enfants à 15H…
    Evidemment, en disant cela, je passe sur les « broutilles » que sont la non-augmentation du temps dévolu aux enseignements fondamentaux, le nombre impressionnant d’animateurs périscolaires à recruter pour l’année prochaine (en général, on ne les trouve pas sur les sabots d’un cheval et vu que 17% seulement des communes ont appliqué la réforme…), et le fait qu’il devait être impossible de simplement révoquer la réforme Darcos de 2008 pour Vincent Peillon (Non, c’était trop simple ou alors c’est idéologique : les socialistes préfèrent le progrés : ils ne peuvent pas retourner en arrière, ce serait réactionnaire…)

  18. Marie a dit:

    En gros,autrefois, les enfants allaient à l’école pour travailler et apprenaient tous à lire, écrire et compter. Mes beaux-parents (chaudronnier et ouvrière), mes grands parents paternels ( bergère et éleveur) avaient beau être pauvres, et, pour deux d’entre eux, venir de la misère noire, l’école leur avait appris la liste des rois de France dans l’ordre avec l’essentiel de leur règne, la liste des départements et leur localisation, les fleuves, les villes, l’agriculture et l’industrie, la carte du monde,les églises et les châteaux. Ils connaissaient La Fontaine et Molière, calculaient mentalement mieux que moi, savaient dessiner et m’ont écrit des lettres dans lesquelles il n’y a aucune faute d’orthographe mais des phrases bien tournées, un joli vocabulaire. Ils savaient distinguer un arbre d’un autre, connaissaient les oiseaux, utilisaient leurs mains pour créer, tricoter, faire un meuble, savaient aider une vache à mettre bas, cuisinaient bien et n’auraient pas coupé un arbre…Ils connaissaient l’histoire sainte mieux que n’importe quel catéchiste depuis une certaine interprétation du Concile..Rien chez eux ne polluait. Ma grand mère faisait beurre et fromage, pâté et saucissons, légumes et lapins entièrement biologiques..
    Bref, ils en savaient plus que les élèves de maintenant.

    Ils avaient des devoirs le soir lorsqu’ils étaient à la communale ou à l’école des soeurs.. Beaucoup. Des leçons. Ils n’étaient pas fatigués, pas perturbés, pas phobiques scolaires. La dyslexie était rare.Toute la société soutenant l’instituteur et les profs, qui étaient de qualité, leur demandait la même chose : étudier; aussi le faisaient -ils sans trop rechigner. Même ceux qui n’étaient pas assez doués ou trop peu soutenus pour étudier longtemps sortaient du certificat avec un bon niveau..

    Ces personnes ont fait du soutien scolaire durant toute leur retraite et découvert sans comprendre l’étendue du désastre chez les élèves d’aujourd’hui.
    Aujourd’hui, les chronobiologistes se mêlent de l’école, les pédagogues l’assassinent en prétendant que l’élève doit « construire son savoir » mais
    sans qu’on le lui enseigne, on a supprimé les cours magistraux et les exercices systématiques, les devoirs sont interdits, les leçons ne sont plus répétées mais vues une seule fois et pas apprises par coeur. On n’apprend plus la poésie, les tirades du Cid ou de Cyrano. On leur remplit la tête de choses ennuyeuses , un faux savoir, sur les déchetteries, les pompiers, la collecte des bouteilles et autres « éducations à la vie » alors que l’école devrait protéger de la vie pour que l’enfant acquière dans un vrai sanctuaire du savoir,les bases de la littérature, de l’histoire, de l’expression écrite, du raisonnement mathématique. On les méprise et on leur donne un enseignement à la hauteur de ce mépris.
    Polluée par « la vie », l’école donne aux instits des conseils sur la littérature à lire et les livres « jeunesse » sont le reflet de la vie des enfants: » divorce, racisme, chômage,homosexualité », rien n’est fait pour qu’ils puissent rêver une vie autre. Tout est fait pour que la belle littérature, la musique savante, la peinture, la pensée..leur restent étrangères, inaccessibles. Aussi, se sentant idiots et privés de cette beauté, adoptent -ils un comportement réactionnaire, de rejet à l’égard de la beauté. Le mot « intello » est une injure et la télévision ou l’ordinateur propagent en eux la certitude que le savoir est inutile, « prise de tête ». Ils ne savent pas lire, pas compter, pas écrire. Dans le lycée catho de niveau discutable où est ma fille, les trois quarts des élèves ne savent pas qui est le Christ, ne sont jamais rentrés dans une église, ne sont pas allés au théâtre, ne supportent pas la VO parce qu’ils ne lisent pas assez vite,ne connaissent aucun poème, pas JS Bach et sont pleins d’infos télévisuelles nulles..Ils sont malheureux, boivent beaucoup, ont tous des portables et des IPad, des vêtements chers et aucune culture.. Aucun n’a su ce qu’était la Shoah quand la prof a demandé. Ils ne lisent pas trois livres dans l’année ( sauf ceux que le lycée impose et encore ont-ils les résumés sur internet). La société duale, établie par l’idéologie des pédagogues et des gens de gauche, avec le concours de sa soeur la droite idiote actuelle, est donc en route.

    Dans les facs, dans les écoles d’infirmière -par exemple-( je suis prof de Lettres et infirmière, ça arrive..), on retrouve cette même absence de curiosité, de sensibilité, de connaissances, d’apprentissage, de réflexion éthique…

    Oui, tout est fait pour que nos enfants soient décervelés : les militants de cette gauche qui ne parle que d’égalité refusent que l’héritage judéo-chrétien et gréco-latin (que, jeunes en 68, ils avaient encore reçu) soit transmis aux générations actuelles..Cette gauche qui refuse l’élitisme pour tous ( que j’ai expérimenté et qui MARCHE, lire Cécile Ladjali ), cette gauche qui, comme la droite idiote que nous avons, ne s’intéresse qu’au matérialisme, à l’avoir, est une gauche hypocrite, celle d’une société de consommation où les êtres humains sont consommables, interchangeables, kleenex. Elle n’a donc que faire des contenus de l’enseignement. Elle n’a que faire de l’éthique.

    Alors supprimons cette énième réforme assassine et exigeons que les profs et les instits soient de nouveau de qualité, exigeons que le meilleur soit donné à tous, y compris ceux qui n’ont pas chez eux de quoi se cultiver. Ils ne seront pas tous des génies, n’auront même pas tous le bac. Qu’importe. Qu’ils soient de nouveau « autorisés » à  » s’élever ». C’est le sens du mot « élève ». Et un des sens de la racine qui donne le mot « autorité » .

    « Empresse toi vers la lumière »,dit la mère d’Ulysse à son fils qui la quitte pour revenir des Enfers à la vie terrestre.
    Mes élèves de 6ème l’avaient bien compris. En 3ème, ils ont étudié Oedipe-Roi de Sophocle.Et en Seconde, les versions d’Iphigénie d’Euripide et de Racine. J’ai toujours enseigné chronologiquement et en mettant les auteurs en rapport avec leur temps et les questions de l’époque en rapport avec les nôtres. Avec une dépense d’énergie folle, oui, mais des résultats : à la question  » Quel auteur avez-vous préféré?  » mes élèves de Seconde d’un lycée pauvre m’ont presque tous répondu : « Pascal »…J’ en étais et en suis encore en joie.
    Bien sûr, angoissée de première et désireuse de faire de mon mieux, j’ai beaucoup beaucoup travaillé. Enormément. Mais eux aussi. Ils se sont toujours réjouis d’être respectés et considérés au point de faire des choses difficiles et belles..

    C’est possible.
    C’est nécessaire.

  19. Ajax a dit:

    « Et les parents qui bossent » : vous parlez donc des parents qui bossent l’après-midi en semaine, mais qui restent à la maison le mercredi matin ? ça ne fait pas 90%, loin de là. Pour les autres ils avaient avant un problème pour sortir leurs enfants du périscolaire le mercredi matin, ils l’ont maintenant en fin d’après-midi, autrement dit quantitativement ça ne change strictement rien pour eux. Mais vous ne devez pas avoir d’enfants scolarisés, sinon vous auriez compris ça tout seul.

  20. morituri a dit:

    Il y aune interview de Vincent Peillon qui semble assez révélatrice qui est parue dans Libération il y a une semaine:
    http://www.liberation.fr/societe/2014/02/11/nous-n-allons-pas-reculer-sur-nos-valeurs-cela-suffit_979514
    Cette phrase notamment à retenir: « Ce qui est paradoxal aujourd’hui, c’est que des dirigeants républicains et prétendument laïcs se joignent à ces attaques. »
    J’aimerai bien savoir quelle est sa définition de « laïc ». Si on lit entre les lignes on pourrait presque comprendre qu’il associe laïque et athée.

  21. morituri a dit:

    *laïc.
    Pour quelqu’un qui se réclame défenseur de la laïcité c’est assez embêtant tout de même.

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