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Si je reprends le titre des génies de Dérapage incontrôlé, c’est parce que je me pose la même question : les Femen luttent-elles vraiment pour le bien des femmes ?

C’est à la lecture de cet article que la question m’a été reposée avec force ce matin : « Femen, j’ai été interpellée pour exhibition : mon torse nu n’est pas forcément érotique », par Éloïse Bouton, « Féministe ».

Cette demoiselle s’interroge sur la différence qui est faite entre le torse masculin et le torse féminin : « Petite question, le torse découvert des hommes n’offense la pudeur de personne ? Apparemment non, car les Hommen ne sont pas considérés comme des pervers notoires mais comme des trublions. En revanche, l’association féministe Les Tumultueuses, qui organise des actions seins nus dans les piscines publiques, est régulièrement interpellée pour exhibition sexuelle ».

Ce que voudrait Éloïse, c’est pouvoir, comme aux États-Unis, se balader torse nu dans la rue, aussi bien que les hommes. Pour ma part, je précise que je préfère la France, où les hommes ne se baladent pas torse nu, comme les femmes. Mais là n’est pas la question. Ce qu’elle veut, c’est que la poitrine d’une femme ne soit pas plus considérée comme érotique que ne l’est celle de l’homme.

D’où ma question : qui y perdrait, à cette désérotisation ? Qui y perd déjà, d’ailleurs ? Ne sont-ce pas les femmes ? L’attrait que provoque la poitrine d’une femme sur un homme n’est-il pas entièrement à l’avantage de la femme ?

Le petit jeu d’équilibriste permanent auquel se livrent les femmes depuis toujours entre « j’en montre un peu plus » ou « j’en montre un peu moins », petit jeu qu’on voit très bien quand on remonte le cours de la mode, prouve bien que la poitrine est, de fait, érotique, et que la femme tient par-dessus tout à ce qu’elle le reste. Si elle en montre trop, ça perd tout pouvoir d’attraction et de séduction, parce que l’homme finit par être habitué, donc blasé ; si elle en montre trop peu, l’homme ne devine plus rien et ne peut donc être séduit. L’alternance dans la mode des phases où on montre beaucoup et des phases où on montre très peu tient à ce qu’il faut régulièrement déshabituer l’homme afin de pouvoir à nouveau recommencer à en dévoiler un peu, et que ça soit efficace.

Bien entendu, la femme n’a pas que sa poitrine pour séduire… On pourrait considérer que désérotiser la poitrine sera un avantage pour ces femmes, qui pourront alors séduire en discutant philosophie, cinéma ou politique seins nus, sans que ça ne trouble le moins du monde leur cible. Apparemment, d’après les Femen, ce serait le rêve… Sauf qu’une relation de couple ne peut pas se baser que sur la discussion. On nous le sert assez quand on ose dire qu’on ne veut pas de relation sexuelle avant le mariage : « Quoi ? Mais vous savez que votre couple ne pourra tenir que si ça marche sur ce plan-là ? Ça fait 95% du travail, vous pouvez pas prendre le risque, essayez avant ! » C’est à mon avis largement exagéré, mais il est clair que s’il n’y a plus d’érotisme, il n’y a plus de relation durable.

Et il me semble que l’actualité récente a prouvé que les inconvénients de l’absence de sécurité dans la relation amoureuse avait plus de chances de retomber sur la femme que sur l’homme…

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