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Ce texte répond à mon article de propositions pour l’avenir, que je vous invite d’abord à lire en cliquant ici, si ce n’est pas déjà fait.

(Je vous invite également à lire les autres articulets du genre de celui-ci, dont vous trouverez les liens en cliquant ici : ils se répondent tous un peu, tant il est vrai que, comme souvent, tout est lié, et même imbriqué.)

Dans ce texte, je raconte ma vie telle que je l’imagine dans dix ans. Une vie à la campagne, pourrait-on dire. Mais ce serait réducteur.

Camille Pissarro, Baeuerin bei Gartenarb. - Paysanne...potager / Pissarro - Camille Pissarro, Paysanne et potager

On peut très bien vivre à la campagne en étant un parfait citadin : c’est le cas de certaines personnes que je connais (que j’évoque d’ailleurs dans mon article) qui ont décidé d’aller vivre à la campagne près du Mans, de Rouen ou d’Orléans tout en continuant à travailler à Paris. Ils ont finalement autant de temps de trajet que quand ils habitaient en banlieue, mais font ce trajet en train, dans des conditions qui n’ont rien à voir avec celles du train de banlieue, ce qui fait qu’ils peuvent travailler dans le train. Il est clair qu’ils y gagnent sur pas mal de plans : confort de vie, horaires, tranquillité pour les enfants, etc.

Si c’est déjà un progrès par rapport à une vie dans une grande ville, ce n’est pas ce que je prône. Je pense qu’il est nécessaire, non pas d’aller vivre à la campagne, mais d’effectuer un véritable retour à la terre.

Dans mon texte, je parle de poules (qui ont des dents d’après mes enfants) et de lapin (qui picorent bien, selon les mêmes), mais aussi de moutons et d’un potager. L’objectif est bien entendu, de façon purement pragmatique, de faire des économies sur la bidoche, sur les légumes et sur les œufs.

Sur un plan un peu moins pragmatique, il s’agit aussi de s’assurer d’avoir des produits de base de bonne qualité, pour un investissement minime : trois poules et trois lapins, ça ne coûte pas grand-chose… et ça se reproduit. Ramasser des œufs, ça n’est pas très compliqué. Éplucher un lapin, un peu plus au début, mais ça s’apprend vite. Le mouton est peut-être un peu plus problématique, mais il y a toujours moyen de s’arranger.

Et les enfants peuvent très rapidement donner à manger à tout ça, il suffit d’en faire un jeu et une habitude.

Mais le plus important, c’est justement cette idée de retour à la terre. La terre, c’est le réel brut. Notre civilisation crève d’être coupée du réel (pas besoin de vous préciser ce à quoi je pense…). Revenir à la terre, et vivre pas seulement « sur » cette terre mais « par » cette terre, c’est s’ancrer à nouveau dans ce réel, réel qui est la vie.

S’il ne s’agit pas forcément de devenir paysan, c’est-à-dire de ne vivre que du travail de sa terre et de la vente de ses produits, il est nécessaire d’opérer un retour global à la terre, dans tous les domaines. Par exemple, ça passe aussi par une exigence renouvelée sur le choix du travail qu’on exerce, si on veut continuer à en exercer un. Il est nécessaire de se demander très précisément si ce travail est un travail ancré dans le réel ou pas.

Par exemple, je pense que vivre comme je l’ai imaginé dans mon grand texte de propositions tout en travaillant dans la finance ou dans le commerce international serait profondément contradictoire. Faire de la communication pour des produits fabriqués en Chine aussi.

Dans tous les boulots, il y a des compétences qui peuvent être mises au service de la communauté, que ce soit celle de quelques familles que j’évoque dans mon article ou celle, plus large, du village, du canton, du département, etc. Il est également toujours possible de bifurquer un peu pour se rapprocher au maximum de cet idéal.

Et le fait de travailler à temps partiel peut également permettre de laisser ce travail à sa juste place.

Bien entendu, je suis conscient que c’est beaucoup plus compliqué pour un père de famille de quitter son boulot du jour au lendemain ; je suis aussi conscient que bosser à mi-temps réduit sérieusement les possibilités de progression dans le poste.

Précisons tout de même que le fait de vivre de sa terre permet également de rester plus indépendant vis-à-vis de son travail. Travailler en free-lance peut aussi être une bonne solution pour certains.

Bref, la base de ce changement de vie que j’espère réussir à accomplir, c’est ça : un retour à la terre complet, global, profond. Tout part de là, en fait, tout en découle.

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