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Ce matin, un blogueur « influent » de la « droite catholique » a posté ceci sur Twitter :

StockholmPar la magie des retweets, ce message m’est tombé sous le nez. Je l’ai trouvé crétin. Très crétin, même. Manque de chance, plus c’est crétin, plus ça a des chances d’être révélateur. Et là, ça n’a pas manqué : c’est hyper-révélateur.

De quoi ? De ce que cette droite a déjà perdu la guerre. Complètement, sans aucun espoir. Et joyeusement.

Cette droite a perdu la guerre parce qu’elle a renoncé à se battre autrement que selon les règles de son ennemi. Parce qu’elle a accepté d’empoigner une mitrailleuse lourde quand elle ne sait se battre qu’à l’épée. Parce qu’elle a renoncé à tourner lentement en rond au milieu de la poussière qui vole pour avoir l’avantage de tourner le dos au soleil.

Non : elle a le soleil dans la figure, en plein, et elle ne lutte plus que pour essayer de renvoyer un peu de ce soleil dans les yeux de son adversaire à l’aide d’une pince à épiler, espérant ainsi que le mec en face s’effondrera en larmes et demandera pitié…

Elle a empoigné l’épée que lui tendait son opposant, cette épée émoussée d’avoir déjà tellement servi contre elle, cette épée qui ne fait plus peur à personne sauf à elle, cette droite qui croit encore avoir mal quand elle voit cette épée par réflexe pavlovien.

Cette arme, c’est le point Godwin. Pendant des décennies, la gauche n’a eu de cesse que de faire le lien entre tout ce que proposait la droite et le nazisme. La droite aime la nation ? Le nazisme aussi aimait la nation. La droite préfère le « de souche » à l’immigré ? Le nazisme aussi préférait le « de souche » à l’étranger. La droite dit que le ciel est bleu ? Le nazisme aussi le disait…

Et ça a marché : la droite n’a cessé de renier ses idées dès que la gauche parvenait à faire un lien, aussi bancal soit-il, avec le nazisme. La droite est devenu une gauche-bis (dans le même temps, remarquons bien, la gauche aussi devenait une droit-bis), n’osant plus rien dire avant d’avoir vérifié par trois fois que ce qu’elle s’apprêtait à dire n’était pas un peu trop proche de ce qu’un jour Hitler avait dit. Ou peut-être dit. Ou même pensé, dans son for intérieur.

Et la droite est morte.

Et aujourd’hui, un brave crétin de droite interpelle joyeusement une ordure criminelle pour lui signaler que ce que lui, l’ordure criminelle, défend, c’est aussi ce que le FN pense.

Ce qui implique une double crétinerie :

1. Que le blogueur en question croit que le FN est le nouveau nazisme, ce qui est de plus en plus drôle à mesure que chacun de ses membres dénoncent l’idée de grand remplacement, par exemple, comme étant une idée complotiste. Ce en quoi l’ami Vaugirard (quoi ? Mais non, je ne l’ai pas dit…) est en fait plus proche du FN qu’il ne le croit. Ce qui pour le coup est à mourir de rire.

2. Que ce même blogueur imagine que Romero va, soudainement, devant cet argument implacable, retourner sa veste et se battre avec acharnement contre l’euthanasie.

Retournée ou pas, elle sera de toute façon toujours aussi moche...

Retournée ou pas, elle sera de toute façon toujours aussi moche…

Alors qu’en fait, Romero aura sûrement la réaction que la droite aurait dû avoir depuis le début :

Sérieusement, le jour où la droite aura compris que ça ne sert à rien d’essayer de retourner les armes moisies de l’ennemi contre lui, on aura gagné une première bataille. Et on commencera enfin à se battre vraiment.

Là, pour l’instant, on joue à la poupée…

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