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« Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. » (Matthieu, chapitre 6, verset 5).

Il est facile de tomber dans ce travers, même avec les meilleures intentions du monde. On l’a encore vu avec cette « affaire » de la crèche interdite en Vendée. Bien sûr, il est scandaleux qu’elle l’ait été, je ne m’attarde pas sur ce point car tout a été dit mieux que je ne saurais le faire. Je ne nie pas non plus qu’il faille défendre notre droit à faire nos crèches au moment de Noël !

Mais doit-on pour autant en faire dans le but de contester cette interdiction, de revendiquer le droit à poursuivre cette tradition, de provoquer nos détracteurs ?

Non.

Parce que ce n’est pas une tradition comme une autre. Il s’agit de la représentation d’un des mystères les plus importants de notre Foi ! Il s’agit de la représentation de l’incarnation du Christ dans le monde, et sous la condition humaine ! À ce titre, nous devons la défendre bien plus que n’importe quelle autre tradition païenne, certes, mais pas de n’importe quelle façon !

Malheureusement, beaucoup semblent avoir oublié la vraie signification de la crèche. Je suis même persuadé qu’un certain nombre ne la défendent que comme une simple tradition, sans en connaître la symbolique profonde, comme ils défendraient le foie gras ou le champagne s’ils venaient à être interdits. [Note de Fik : ou le Sauternes, s’il venait à être menacé.]

Ça devient même un jeu, on vante ses exploits : « J’en ai fait une grosse dans le hall de ma mairie ! », « Petit joueur, j’en ai introduit une à l’Assemblée !!! », « Il y en a une énorme au Parlement Européen ! »… Où est la limite ?

Et si un jour les sacrements étaient interdits, comment réagirions-nous ? Nous ferions-nous baptiser en place publique, devant les bâtiments administratifs, pour affirmer notre bon droit ? La célébration de messes ou l’introduction d’espèces consacrées au cœur des plus hautes instances politiques serait-elle un nouveau défi ? Nos prêtres nous marieraient jusque dans les salles des mariages de nos mairies, sous les yeux ébahis des maires, en lieu et place de la « célébration républicaine » ? Et nous enterrerions nos morts dans les jardins publics après une grande procession mortuaire dans toute la ville ?

Oui, continuons à faire des crèches, continuons à expliquer ce qu’elles représentent pour nous, à expliquer que ce n’est pas juste pour faire joli ou pour jouer, dénonçons les interdictions abusives

À ceux qui la défendent pour la tradition «culturelle» sans attacher d’importance à l’aspect religieux, expliquons également ce qu’elles sont à nos yeux et demandons le respect… Mais faisons-le en respectant au moins ce que nous défendons ! Ne faisons pas de notre Foi une foi revendicatrice et provocatrice, nous irions alors contre l’exemple que le Christ lui-même nous a donné, de son Incarnation jusqu’à sa Passion et jusqu’au sacrifice de la Croix.

« Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.« 

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[Note de Fik : Ce texte a été écrit par un invité. Je n’ai pas grand-chose à rajouter, sinon ceci : pour ma part, je rajoute que ce faisant, nous devenons exactement les clones des « musulmans de combat » que nous dénonçons si souvent. J’en parlais déjà dans cet article.]

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