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Un général participe à une manifestation interdite et se fait embarquer. Il reste plus de 40h en garde-à-vue. Son procès en comparution immédiate est annoncé. Finalement, il est repoussé. Le général ressort libre.

Le soir même, il passe à la radio, sur RTL, chez Fogiel. Le lendemain, chez Bourdin. Deux émissions très suivies. Et qu’y dit-il ? Qu’il regrette, que Pegida sont des fachos, que le grand remplacement est un mythe, qu’il cherchait en fait des solutions pour améliorer le quotidien des migrants…

Soit exactement le contraire de ce que sa présence à la manifestation laissait entendre, et exactement mot pour mot ce que le pouvoir (médiatique, politique, culturel, etc.) dit sur ces sujets.

Deux choses. Soit c’est un inconséquent complet doublé d’une couille molle de première. Soit il n’a pas vraiment le choix.

Je penche évidemment pour la deuxième option. Parce que je ne peux imaginer qu’un général de la Légion soit une couille molle. Parce qu’il est évident qu’il savait très bien qu’il allait manifester avec Pegida. Parce qu’il est évident que les deux émissions sus-citées et leurs présentateurs n’auraient jamais invité un type qu’on présente comme un putschiste s’ils n’avaient la certitude qu’il dirait exactement ce qu’il a dit.

La procès a été repoussé devant l’immense scandale que son arrestation a provoqué. Et en attendant, il a été gentiment conseillé au général de ne pas faire de vague, de répondre aux deux invitations médiatiques préparées pour lui et de bien réciter son petit catéchisme tolérant et festif.

Sinon ? Un procès dans un mois, quand tout le monde aura déjà oublié cette affaire. Voire un internement psychiatrique discret à la demande d’un membre de la famille plus fragile que les autres ou d’un médecin sur qui on peut faire pression. Voire un accident bête. Avec toutes les nuances de gris au milieu : des membres de sa famille mis au placard, des tracasseries administratives renouvelées, une retraite qui saute…

Bref, c’est facile de bousiller la fin de vie d’un homme de 75 ans.

J’exagère ? Je complotise ?

Non. La raison d’État a toujours provoqué ce genre de choses. Un général, ça fait peur. Un général soutenu par une partie toujours plus grande du peuple, ça fait très peur.

Et quand on a peur, on frappe.

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