Quand Internet s’enflamme pour une publicité ouvertement raciste…

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Je suis révolté !

Regardez cette vidéo, vous comprendrez vite pourquoi.

Abject, non ?

Notre ADN, c’est ce truc qui fait qu’on est la personne qu’on est, avec ses caractéristiques propres et uniques. Le truc qui fait qu’on est grand ou petit, grand ou gros, intelligent ou demeuré, garçon ou fille, blond ou brun…

Eh bien ça, ça permettrait de dire assez précisément d’où on vient ? Comme si deux personnes avaient des différences assez importantes et définies pour qu’on puisse dire, rien qu’en lisant ce truc, lequel des deux est Sud-Américain et lequel est Asiatique ?

C’est une théorie complètement débile, qui rappelle plein de choses pas très cool.

Et pourtant, tout le monde trouve cette pub géniale.

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On vit vraiment dans un pays raciste, c’est dégueulasse…

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10 réflexions à propos de “ Quand Internet s’enflamme pour une publicité ouvertement raciste… ”

  1. Tiens, on est sur le même sujet !

  2. Le truc rigolo, ce serait que les tests montrent que globalement, les populations qui se disent homogènes le soient vraiment…

    Pour ce qui est de cette pub proprement dite, elle est évidemment trompeuse : il est normal qu’un Anglais ait du sang germanique puisque l’Angleterre fait partie de la zone d’expansion des populations nordiques. De même, une Arménienne a forcément du turc en elle par simple proximité géographique et un Cubain est nécessairement métissé puisque descendant de colons blancs, d’esclaves noirs et peut-être d’indiens locaux. Ils mettent ces exemples en avant mais nous ne savons pas s’ils sont représentatifs de tests à grande échelle.

    J’aimerais bien qu’on fasse le test sur des Chinois ou des Basques, on rigolerait bien je pense.

  3. Quand on regarde les résultats de la nana qui a les cheveux au carré, on constate que sur sa fiche il n’y a que des pays européens. Et évidemment, la Kurde est cousine avec le Turc, pas avec l’Islandais.

    Le métissage, qu’on nous vante mondial et globalisé, ne serait en fait qu’au coeur d’un même continent. Voilà qui est surprenant…

  4. Alors :

    – Ce n’est pas parce que la science permet effectivement d’isoler les *groupes d’ascendance génétique* d’un individu que pour autant on peut relier cet individu à un groupe prétendument « homogène » au sens raciste ou racialiste du terme : la génétique montre également que la variabilité entre les individus est infiniment supérieure à celle entre les groupes en question. Exit la rigolade à base de raisonnement simpliste.

    Mais :

    – Ce n’est pas parce que la science démontre une proximité génétique entre des individus que pour autant ces individus ont quoi que ce soit à voir l’un avec l’autre. Les publicitaires de Momondo n’ont à l’évidence jamais lu une seule ligne de Lévy-Strauss, qui a certainement dû se retourner dans sa tombe pour l’occasion. Exit les embrassades à base de cosmopolitisme moralisateur.

  5. Simon a dit:

    Si seulement Caïn avait eu accès à ces tests, il n’aurait pas tué Abel…

  6. Personne n’a parlé de groupe homogène. Je dis seulement que génétiquement il y a effectivement des marqueurs qui ne sont pas les mêmes selon les zones géographique d’origine.

    C’est ce que je dis depuis toujours sur ce blog, et ce pourquoi je me fais allumer régulièrement. Or il se trouve que quand c’est une pub qui le dit, ça ne choque plus personne, au contraire.

    Fin du débat.

  7. Sopotec a dit:

    Oui. Cette obsession du métissage est évidemment aussi débile que l »obsession de la pureté de la race.
    Pour l’anecdote, j’étais vendredi soir. au spectacle de fin d’année de l’école primaire ou est ma fille. Il s’est terminée par la chanson de Yannick Noah « Je suis métis » reprise en chœur par tous les gamins. Il se trouve que je suis à la campagne et que 98 % de l’école est composé de blancs… Cocasse.
    Les même instances culturelles qui officient pour ce bourrage de crane reprochent à l’occasion dans ses livres d’histoire à l’instituteur du temps des colonies d’avoir fait réciter autrefois aux petits noirs « nos ancêtres les Gaulois…. » Cherchez l’erreur.

  8. tschok a dit:

    @ Paul Fortune,

    Votre vœux a été exaucé: http://www.larecherche.fr/actualite/populations/origine-basques-confirmee-adn-01-05-2012-91160

    Il y a eu d’autres études par la suite, les Basques semblant constituer un cas intéressant.

    Pour les Chinois, je pense que cela doit être plus coton en raison de la grande diversité ethnique.

    @ Fikmonskov:

    « Je dis seulement que génétiquement il y a effectivement des marqueurs qui ne sont pas les mêmes selon les zones géographique d’origine. »

    C’est plus compliqué que ça, il semble. La génétique des populations cherche effectivement à rattacher un groupe de personnes ou une personne précise, à une localisation géographique, parce qu’elle répond à la question « d’où je viens? ».

    Donc, le type en blouse blanche qui vous teste vous donne un lieu d’origine, parce que c’est la question qu’on lui pose. Mais en fait, ce qui est analysé, c’est un code génétique qui se rapporte à une population dont la personne testée partage certaines caractéristiques génétiques (les marqueurs génétiques).

    Les marqueurs génétiques ne sont pas les mêmes selon les populations (ça c’est clair, puisque c’est justement la différenciation génétique qui permet de déterminer une origine génétique).

    Les populations habitant différents lieux dans le présent et au cours de leur histoire, on peut par ailleurs tracer leur parcours sur une carte du monde non pas parce que le lieu géographique correspond à un gène particulier, mais simplement par l’effet du peuplement d’une zone géographique donnée.

    Par exemple, les Québécois ont un patrimoine génétiques qui les rattachent aux Français, mais également aux Amérindiens qui habitaient l’Amérique du Nord au moment de la colonisation, qui a permis un peuplement d’origine européenne. On peut donc dire à un Québécois: vous avez une origine européenne et américaine non pas parce qu’il existerait un « gène européen » ou un « gène américain », mais simplement parce que cette personne est porteur de marqueurs provenant de populations ayant habité ces lieux.

    Si un jour l’homme va sur Mars, il n’y trouvera aucun autre matériel génétique que celui qu’il y apporte. Il n’y a donc pas de « gène de Mars ». Mais, si après 2.000 ans de présence sur Mars, des Martiens migrent vers une des lunes de Jupiter et qu’ils s’y mélangent avec d’autres colons, le type en blouse blanche dira à leurs descendants qu’ils sont originaires de Mars.

    Donc, quand vous dites que les marqueurs génétiques ne sont pas les mêmes en fonction des zone géographiques d’origine, il ne faut pas perdre de vue le caractère extrêmement contingent de l’affirmation et surtout ne pas faire dire au syllogisme ce qu’il ne dit pas:

    Majeur: les marqueurs génétiques relient un individu à une population
    Mineure: les populations habitent différents endroits
    Donc: les marqueurs permettent de rattacher un individu à une population ayant habité ou habitant un endroit donné

    Différent de: les marqueurs génétiques ne sont pas les mêmes en fonction des zones géographiques d’origine, affirmation qui n’est pas totalement fausse mais qui laisse croire que le marqueur génétique est le marqueur d’un lieu, alors qu’il est le marqueur d’une population ayant habité ou habitant un lieu, et que cette population non seulement bouge, mais change.

  9. kobus van cleef a dit:

    en fait , dire qu’on a 50% du père, 50% de la mère , c’est vrai et faux à la fois
    les marqueurs recherchés en génétique ( et toc ) des populations , sont essentiellement ceux situés dans l’ADN mitochondrial
    le seul qui , d’une part , est hérité du coté maternel uniquement ( contenu dans le cytoplasme de l’ovocyte ) et d’autre part qui ne varie que très progressivement et de façon à peu près connue , quasi linéaire , au fil du temps

  10. Intéressant, l’article sur les Basques, merci.

    Merci aussi pour la précision, qui n’était pas vraiment le sujet de l’article. Mais c’est bien qu’elle soit là, et qu’il soit clair que je ne trouve rien à y redire. On sait jamais.

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