Loi sur la prostitution : les Shadoks se gargarisent

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« Loi sur la prostitution : Six clients ont été mis à l’amende à Paris depuis son entrée en vigueur », titre 20 Minutes, avec enthousiasme.

L’occasion d’un gros concentré de shadokisme.

Ceux qui estimaient que la nouvelle loi était inapplicable en seront pour leurs frais.

Ça n’a jamais été la question. Bien sûr que l’État sait arrêter des gens et les faire payer…

Aucun d’entre eux n’a fait l’objet d’une mesure d’injonction de soins.

Il ne manquerait plus que ça… Après avoir, avec la capote, fait passer le sexe pour une maladie dont il faut se protéger, voilà qu’ils voudraient en faire une maladie dont il faut se soigner.

« Malgré les scepticismes, notre nouvel arsenal législatif prouve qu’il est réaliste et qu’il fonctionne », s’est félicitée, de son côté, Sandrine Mazetier, députée (PS) de Paris et dont la circonscription englobe le bois de Vincennes.

NON, certainement pas !!! Un arsenal législatif fonctionne quand il améliore la vie en société. Là, il a juste permis à l’État de se mettre 1800 euros de plus dans les poches. Rien de plus. Aujourd’hui, de toute façon et quoi qu’on en pense, on ne peut donc pas dire que cette loi fonctionne. Et je maintiens, moi, qu’elle aura l’effet inverse à celui escompté.

Reste à savoir si ces premières amendes auront également un effet dissuasif sur les autres clients potentiels.

Oui. Ça les incitera à se planquer encore plus, et ça incitera les proxénètes à planquer encore plus leurs filles… ce qui ne sera pas une bonne nouvelle pour elles : plus elles sont cachées, plus elles sont vulnérables.

Une activité dont le coût, pour la société, est estimé à 1,6 milliard d’euros par an.

Voilà, c’est donc la seule chose qui compte : le fric. On va donc jeter les filles dans une misère encore plus noire, les sortir encore plus du système, les mettre encore plus sous la coupe de leurs proxénètes… mais ça coutera moins cher à la société.

Évidemment, c’est faux : ça coutera beaucoup plus cher. Financièrement et moralement. Et les bonnes âmes qui prétendent faire cesser un scandale en punissant une partie des victimes seront coupables, directement, de ce que l’autre partie souffrira encore plus de la situation.

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13 réflexions à propos de “ Loi sur la prostitution : les Shadoks se gargarisent ”

  1. pierre kazzeneuve a dit:

    Il est certain que ne suis en général pas d’accord avec ce que vous écrivez, mais pour une fois je trouve votre post piqué au coin du bon sens ! Cette « loi » n’est en définitive qu’une nouvelle arnaque imaginée pour vider les poches de ceux qui n’ont pas d’autres solutions pour satisfaire leurs besoins que de fréquenter des prostituées. Foin des prostituées qui ne sont là dedans que la énième roue du carrosse. Et vous auriez pu ajouter que, de toute façon, la prostitution dite « de luxe » (les nouvelles Mme Claude ) existera toujours mais sera réservée seulement à ceux qui auront les moyens de s’offrir des call-girls tarifées au plus haut. Exit aussi la prostitution via internet. Evidemment, les pauvres bougres impécunieux n’auront d’autre choix que la masturbation… A moins bien sûr qu’une « loi » ne vienne l’interdire !

  2. Popeye a dit:

    J’ai lu dans un article relatant ces péripéties, à propos de l’association « le Nid » qui pousse et « lobbye » à qui mieux mieux pour faire appliquer cette loi, après avoir poussé pour obtenir son vote.
    Cette association « {…} dont le combat vise à obtenir l’abolition de la prostitution… »
    Abolir la prostitution.
    Rien que.
    Mazette.
    D’ailleurs quand ils auront fini, ils s’attaqueront à l’amélioration définitive de la nature humaine : il n’y aura plus que des gens bons après leur réussite.

    Ce n’est pas tant la prostitution qui me gène que le proxénétisme. Avec les proxos, pour le coup, une déportation en Guyane voire aux Kerguelen me semblerait un châtiment normal.
    Mais je dois être un vieux con réac et rance.

  3. Je suis de votre avis à 99% : la prostitution me gène, moi.

    J’exposais tout ça dans mon article qu’on peut retrouver en cliquant sur « une partie des victimes » à la fin de mon texte 🙂

  4. Correcteur masqué a dit:

    – « Et je maintiens, moi, qu’elle aura l’effet inverse à celui escompter. » Escompté
    – « ce qui ne sera pas une bonnes nouvelles pour elles : plus elles sont cachées, plus elles sont vulnérables. » Bonne nouvelle

    Note de l’auteur : c’est corrigé, merci 🙂

  5. kobus van cleef a dit:

    il est évident que les dames putains ( louées soient elles , dans le deux sens ) , remplissent une mission d’intérêt public

    en nos temps d’infamie , où l’impératif orgasmique n’a jamais été aussi catégorique, omniprésent et , pour tout dire incontestable , que deviennent les garçûs mal fichus , timides , complexés ou trop pressés pour pouvoir séduire?
    ne riez pas , j’en connait

    les malheureux n’ont que trois solutions
    1) le recours , maintenant illégal aux dames vénales
    2) le recours à la veuve poignet
    3) dans les cas extrèmes , le voyage en thaïlande , maroc ou Hallemagne ( ces éros centers , supermarchés du kul , industrialisation de la détresse masculine ) , ou le viol

    il est non moins évident que les intelligences morales qui ne nous gouvernent plus mais qui nous managent ( au sens de manège, celui où l’on fait tourner les chevaux ou les bourricots dans le genre pressoir à olives ) , trouvant que toutes les bonnes choses ont une fin , ont décidé de remettre une couche de frustration sur la misère zoziale

    misère sexuelle après la misère zoziale , ça restait à inventer , c’est fait !

  6. tschok a dit:

    Kobus a raison!

    Il aurait plutôt fallu considérer la prostitution comme un service public et au lieu d’assommer le client, le doter d’une sorte de passe navigo lui garantissant un accès à une prestation sexuelle de qualité dans de bonnes conditions d’hygiène et de sécurité, moyennant un prix raisonnable.

    Là, on aurait été inventif.

    On pourrait me trouver excessif et croire que j’ironise, mais il suffit de se rendre à Amsterdam, dans le quartier rouge ou ses abords, où l’on voit que la prostitution a pignon sur rue, pour constater qu’il est possible de la mêler à une vie sociale normale, sans heurter les principes d’ailleurs fluctuants qui gouvernent les bonnes mœurs et la protection de la famille et de l’enfance.

    Mais nous sommes en France, vieux pays catholique, assez à cheval sur sa rigidité, et il ne peut être question ici de rien d’autre que de nous maintenir dans le corset guindé de valeurs morales hypocrites et d’un autre âge.

    Sur ce plan, les progressistes ne doivent attendre aucun secours de la gauche socialiste, qui est tout aussi conservatrice que la droite la plus rétrograde.

    Maintenant, d’un autre côté, nos lois fourmillent de contraventions de 5ième catégorie et cela ne nous empêche pas de vivre. Nous connaissons tous le principe en la matière: pas vu, pas pris.

  7. Je doute qu’on puisse accuser le catholicisme dans ce cas, franchement.

    Le problème, c’est surtout la religion des droits de l’homme, devenue celle des droits de la femme après une vague de féminisme. L’homme est devenu coupable par nature, et la prostitution n’est qu’un des modes d’expression de son ignominie. Elle doit donc mourir.

    Le débat à ce sujet est dans les commentaires de l’article dont j’ai déjà donné le lien ici 🙂

  8. Tout à fait d’accord avec votre critique – au passage toute libérale – de cette énième « envie du pénal » (Muray) qui a saisi l’Etat français. J’ai néanmoins une question à laquelle vous n’avez, sauf erreur de ma part, pas répondu jusque là : dans la mesure où vous considérez la prostitution comme un mal, quel remède y apporteriez-vous ? A moins que vous ne la teniez pour un mal nécessaire ?

  9. J’ai répondu en partie ici : https://fikmonskov.wordpress.com/2013/11/07/manifeste-des-343-salauds-la-guerre-des-sexes-aura-t-elle-lieu/

    C’est un mal inévitable, et dont l’interdiction pure et simple n’a que des inconvénients.

    Pour le réduire, il faut lutter contre la misère sexuelle, contre la solitude, contre l’idée que s’engager dans un couple est une perte de temps, contre le culte de la performance, contre la lutte des sexes, etc.

    Je pense que lutter contre la prostitution est impossible : on ne peut que lutter contre d’autres maux, dont elle découle. Si tous ces maux étaient battus en brèche, la prostitution réduirait d’elle-même. Et on pourrait l’encadrer encore plus facilement, pour l’humaniser autant que possible.

    (Je suis libéral sur le plan économique et dans un monde autre que celui qu’on a actuellement. Je l’ai toujours dit. Je n’ai aucun problème à assumer un certain libéralisme.)

  10. tschok a dit:

    La nature de prédateur sexuel de l’homme, dont les pulsions doivent être sévèrement encadrées, était un thème omniprésent dans l’exposé des motifs de la précédente proposition de loi sur la pénalisation du client.

    Ce thème se connectait à l’époque à celui de l’esclavage, selon l’enchevêtrement suivant: la prostitution est une forme de traite humaine de la femme par l’homme, l’esclavage est un crime, donc le client de la prostituée, en finançant le renouvellement du système qui permet la traite, est un complice objectif de l’esclavage, donc un esclavagiste.

    Il convient donc de le punir.

    Dans le précédent projet il y avait donc indubitablement l’expression d’un féminisme pathologique et punitif et d’un désir de monde parfait qui a quelque chose d’un peu inquiétant. On ne pouvait donc que vous approuver.

    Mais le législateur a changé son fusil d’épaule et les motifs de cette loi nouvelle ne sont plus les mêmes, de sorte que votre ancienne critique est devenue caduque. Vous devriez peut-être la remettre à jour en tenant compte de l’évolution du débat intellectuel du côté du législateur, même si du côté du citoyen on ne perçoit pas de changement (le citoyen ne suit pas les débats des commissions ni des chambres).

    D’ailleurs, je suppose que vous n’avez pas pris connaissance de l’exposé des motifs de cette loi?

    Et pour tout vous dire, on en est au moins à la troisième proposition de loi, celle qui a été adoptée étant donc la dernière.

    A part cela, si vous croyez que le catholicisme est le vecteur d’une pensée de la libération qui autoriserait les êtres humains à faire n’importe quoi avec leur sexe, c’est que vous avez une vision bienheureuse de la religion.

    Il ne m’appartient pas de vous en détourner.Tout juste puis-je vous dire que beaucoup ne partagent pas cette vision quelque peu naïve qui fait peu de cas de l’histoire.

  11. « A part cela, si vous croyez que le catholicisme est le vecteur d’une pensée de la libération qui autoriserait les êtres humains à faire n’importe quoi avec leur sexe, c’est que vous avez une vision bienheureuse de la religion. »

    Ahah, vous êtes marrant. Non, ce que je nie c’est que le catholicisme soit aujourd’hui tellement fort en France qu’il pèse sur les décisions des législateurs. Mais j’oubliais que ceux-ci ont voté récemment pour la punition du blasphème, contre la pornographie, pour la messe obligatoire au moins à Noël et Pâques, contre l’avortement et la contraception, contre l’affichage de femmes nues sur les panneaux publicitaires, etc. Suis-je distrait…

    Quant à la culpabilité de l’homme, qu’elle soit ou non exposée de façon explicite dans le texte de loi ou dans les débats ne change rien : elle est là, au moins en sous-texte, dans l’idée même de pénaliser le client.

  12. tschok a dit:

    La pénalisation du client étant effectivement la partie applicative de la loi, le citoyen ne se préoccupe guère de savoir ce qui a pu motiver son vote dans l’esprit du législateur.

    Seul le résultat compte, en définitive (donc le texte de loi). Et peu importe les raisons (ce qu’on appelle l’esprit de la loi).

    Mais, il y a un mais. C’est précisément parce qu’il y a eu une évolution assez considérable sur les motifs que la loi a pu être votée.

    En fait, la précédente mouture était l’émanation d’un travail de lobbying provenant de l’aile gauche du féminisme dans sa forme la plus pathologique et il n’a pas recueilli assez de soutien au sein de l’assemblée pour y faire autre chose qu’une brève apparition, néanmoins suffisante pour lui offrir une surexposition médiatique disproportionnée, d’où a jailli une multitude de protestations et critiques de la part de l’opinion publique.

    La dernière mouture est différente: elle est le produit d’une alliance entre la droite catho et la gauche bien-pensante. Tout l’aspect culpabilisateur sur la sexualité masculine a été évacué pour être remplacé par quelque chose de plus moralisant, façon moraline de Nietzsche. Plus passe partout, en somme.

    En pratique, les critiques dirigées par l’opinion publique contre la première mouture n’ont guère évolué, alors que le parlement, lui, passait à l’examen d’un autre texte, fort différent du premier.

    L’esprit de la loi a changé, les critiques, elles, sont demeurées les mêmes.

    Maintenant, on peut toujours soutenir comme vous le faites que l’idée de pénaliser l’homme dans sa sexualité reste dans le sous-texte, puisque le texte pénalise bien le client, donc il pénalise bien la sexualité d’un homme.

    Si l’on veut. A vrai dire, vous pouvez toujours imaginer tout sous-texte qu’il vous plaira de trouver dans un texte qui vous déplait.

    Mais, si vous souhaitez adopter sérieusement la démarche d’interprétation du juriste, alors il faut vous référer aux débats parlementaires et notamment à l’exposé des motifs.

    Vous avez donc un choix:

    – Soit une interprétation sérieuse de l’esprit de la loi, en vous référant aux méthodes académiques qui sont employées par les juristes lorsqu’ils interprètent un texte de loi pour trouver son sens,
    – Soit procéder par associations libres et mettre dans l’esprit de la loi tout ce qu’il vous plaira d’y mettre, sans vouloir rechercher son sens objectif, mais en voulant lui donner un sens précis qui est le vôtre.

    Aucune de ces deux méthodes n’est meilleure que l’autre dans l’absolu, mais une seule est rigoureuse, et je vous laisse deviner laquelle.

  13. Ok. Donc au départ il y avait dénonciation de la sexualité masculine, et ce n’est pas passé. On a donc mis de l’eau dans le vin et dilué cette idée dans d’autres – d’ailleurs incompatibles – pour que ça passe mieux. Et donc il n’y a plus de dénonciation de la sexualité masculine.

    C’est une interprétation. La mienne est qu’elle a été diluée. Elle est donc encore là, mais masquée.

    Et ça marche, vous en êtes la preuve.

    Par ailleurs, ce n’est pas parce que cette idée n’est pas exprimée noir sur blanc dans le texte qu’elle n’a aucune influence sur ledit texte. De même par exemple que je ne cite pas la Bible à chaque article alors même qu’elle a évidemment un impact sur ma pensée globale, et donc sur chacun de mes écrits, du fait même que je la lit depuis maintenant plus de 30 ans.

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