Étiquettes

, ,

Dans un premier article, j’ai expliqué pourquoi l’éventualité d’une victoire de Macron ne me réjouit pas autant qu’elle semble satisfaire certains de mes camarades. Eux y voient une possibilité d’accélérer

  • d’une part l’explosion du clivage gauche-droite et de chacune de ces deux entités (de plus en plus artificielles, je les rejoins là-dessus)
  • d’autre part la chute, et donc la renaissance.

Moi pas, je l’explique ici.

D’autres encore y voient une chance pour le FN et Marine le Pen, qui pourraient bénéficier d’un report des voix d’électeurs de droite privés de candidat. Et qui à terme pourrait finir par arriver au pouvoir.

Cette éventualité ne me réjouit pas tellement non plus.

marine-pen-7-janvier-2016-nanterre

La question qui se pose est celle-ci : le FN au pouvoir, pourra-t-il gouverner ? Pourra-t-il diriger le pays ? Je crois que non.

D’abord parce que le FN n’a pas ou peu de ministres potentiels. Dans les cadres du parti, qui est ministrable aujourd’hui ? Et combien d’acteurs de la société civile accepteront de rejoindre un gouvernement FN ?

Passons rapidement sur le fait que le FN n’aura pas de majorité parlementaire, parce qu’en fait ce serait peut-être la meilleure chose qui pourrait arriver : Marine présidente avec un Premier Ministre issu des Républicains. Finalement, ça redonnerait au Président le rôle qui lui avait été confié dans la Ve.

En revanche, bien plus grave : je suis convaincu que l’arrivée de Marine le Pen au pouvoir plongerait la France dans une situation particulièrement difficile. Pas de son fait à elle, mais du fait de ses opposants.

Non, je ne parle pas de ces « artistes » et « intellectuels » qui menacent de quitter la France. Soyons sérieux.

Ce que je crains, c’est qu’on assiste simultanément à

  1. Une flambée de violence dans les banlieues
  2. Une flambée de violence dans les centre-villes.

Dans les banlieues, les jeunes issus de l’immigration nous rejoueraient les émeutes de 2005, dont nous avons vu les répétitions pendant l’affaire Théo. Ces heurts à petite échelle n’attendent que d’être répétés et multipliés un peu partout en France. L’arrivée au pouvoir d’un parti présenté partout comme raciste depuis des années serait un bon prétexte à une flambée de violence.

Dans le même temps, nul doute que des centre-villes seraient eux aussi ravagés, par les milices d’extrême-gauche qui ravagent déjà régulièrement Nantes et Rennes, par exemple, assistées par de nombreux lycéens et collégiens trop contents de sécher à l’approche de la fin de l’année.

Ces trois mouvements, dans l’ensemble totalement indépendants les uns des autres, suffiront à mon avis à noyer totalement les forces de l’ordre, déjà épuisées par des années de terrain et mises sous pression par les médias, n’attendant qu’un dérapage à monter en épingle pour faire croire au retour des heures les plus sombres.

Ces mêmes médias à qui on peut faire confiance pour rappeler que le FN prétendait ramener la sécurité et sera en fait totalement incapable de la garantir… tout en hurlant au loup à la moindre opération un peu musclée de la police.

Avec ça, nul doute que les législatives de juin 2017 se passeraient dans des conditions idéales pour quiconque se présenterait pour le FN ou même avec l’intention de bosser avec eux de façon intelligente dans le cadre d’une pseudo-majorité.

Empêtré dans des opérations de maintien de l’ordre impossible à gérer avec les moyens actuels, sous l’oeil de médias n’attendant que le dérapage, sans majorité ni ministres… le FN ne pourra pas gouverner. Et la France n’y gagnera pas.

Bref, quel que soit le candidat qui tire avantage de la déconfiture de Fillon – déconfiture qui va d’ailleurs continuer, puisque le Canard a de quoi créer encore plusieurs « affaires » plus ou moins artificielles et ridicules, mais balancées par petites touches, histoire d’empêcher quiconque de lancer une vraie campagne, où on parlerait de la France plus que des comptes en banque des candidats… -, on se dirige vers quelque chose qui ne sera sans doute pas beau à voir.

Bref, au premier tour, je ferai une procuration et je voterai Fillon. Comme au deuxième tour de la primaire : sans joie mais avec la certitude que c’est la moins mauvaise chose à faire.

Publicités