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Sur le Salon Beige, un « jeune chef d’entreprise catholique » écrit son incompréhension face au soutien de nombreux cathos à Fillon. Un article à lire ici, dans lequel il y a beaucoup de vrai… mais pas que.

En voici la conclusion :

Alors les copains, votez pour qui vous voulez : la nationaliste Le Pen, le schizo Fillon ou le mondialiste-libéral-immigrationiste Macron (je passe sur l’universaliste Hamon ou le révolutionnaire de salon Mélenchon). Mais soyez pas surpris d’être cocus. En attendant, plutôt que de s’épuiser à défendre ces gens, engagez-vous ! Engagez-vous dans la société civile qui, elle, changera la France. Engagez-vous dans des associations pour faire le Bien. Engagez-vous dans l’enseignement pour éduquer nos enfants. Engagez-vous dans le journalisme pour permettre au pluralisme d’exister de nouveau. Allez évangéliser dans les rues plutôt que de vous essouffler à manifester. Bougez-vous mais pas pour un politicard qui vous décevra tellement que vous finirez par vous désengager de tout.

Une conclusion qui brille par sa binarité. Comme si on ne pouvait, dans la vie, faire qu’une seule de ces deux choses : soutenir un candidat et voter pour lui OU s’engager dans le vrai monde.

Ben non. On peut faire les deux. Et je pense même qu’il faudrait faire les deux. Pour une raison très simple : ceux qui nous « gouvernent » peuvent très facilement nous empêcher de faire tout ce que propose ce jeune entrepreneur.

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« Engagez-vous dans des associations pour faire le Bien.« 

Oui ! Mais un gouvernement a largement le pouvoir de tuer une association si elle ne lui convient pas. Cf. par exemple le délit d’entrave, qui pourrait bien nuire à la Fondation Jérôme Lejeune et quelques autres. Cf. aussi la menace qui pèse sur le chéquier, dont la disparition mettrait un paquet d’associations dans une merde noire. Cf. encore une éventuelle remise en cause de la déduction d’impôts pour les dons fais aux associations…

« Engagez-vous dans l’enseignement pour éduquer nos enfants. »

Oui ! Mais l’Éducation nationale empêche de le faire dans le public ou le sous-contrat, et le hors-contrat est lui aussi dans le viseur (Cf. les dernières tentatives de Najat).

« Engagez-vous dans le journalisme pour permettre au pluralisme d’exister de nouveau. »

Oui ! En sachant que la Presse est en pleine déconfiture, et que le pouvoir ne fait survivre que les titres qui vont dans le sens du vent. Et que ça ne s’arrangera pas.

« Allez évangéliser dans les rues plutôt que de vous essouffler à manifester.« 

Oui ! A condition que personne n’aille plus loin dans la laïcité agressive, vous empêchant tout bonnement de le faire.

Bref. Oui, il faut faire tout ça. Mais il ne faut pas oublier que certains pourraient tout-à-fait nous empêcher de faire tout ça. La gauche au pouvoir, c’est la certitude de voir le travail de verrouillage accentué sur chacun de ces points, clairement. Le FN, sans doute moins. Et Fillon, lui, n’aurait pas d’intérêt à le faire : il ferait comme Sarko, il gagnerait du temps sur ces sujets et d’autres (euthanasie par exemple), laissant le bébé à la gauche à la prochaine alternance.

Il est donc nécessaire de tout faire pour éviter le pire. Aujourd’hui, je suis convaincu que le moins pire est Fillon (Je l’explique ici et ). Il faut donc le soutenir face aux attaques dont il est victimes, attaques qui prouvent par ailleurs que certains ont bien conscience qu’il sera sinon un frein, au moins un ralentisseur sur le chemin du grand n’importe quoi qu’on nous prépare.

Et il faut AUSSI – ce en quoi je rejoins totalement l’auteur – travailler Fillon au corps, pour qu’il comprenne bien pourquoi on le soutient et pourquoi il ferait mieux de ne pas faire trop de conneries s’il passe. Et si on ne peut pas le faire soi-même, il faut aider ceux qui en ont un peu les moyens, plutôt que de les dénigrer et de se moquer de leur engagement.

Encore une fois, nous ne pourrons avancer vraiment vers ce que nous croyons bon que si chacun fait son boulot à la place qui lui est propre (celle qui correspond à son charisme, à ses capacités, à ses compétences) ET dans le même temps soutient et encourage les autres, qui travaillent à la même chose ailleurs, dans d’autres cadres, sous d’autres formes. Soutient qui peut effectivement passer aussi par une correction fraternelle s’ils déconnent clairement, ou ne font pas le boulot qu’ils prétendent faire.

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