Loi travail et blocage des raffineries : le grand cirque continue

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N’oublions jamais que les types qui dirigent les syndicats sont cul et chemise avec les types au pouvoir. Leur opposition, c’est du cinéma : en vrai ils bouffent aux mêmes restaurants, regardent les mêmes spectacles dans les mêmes loges VIP, baisent – et parfois épousent – les mêmes gonzesses (souvent des journalistes).

Les syndicats et le pouvoir, c’est exactement la même chose que la gauche et la droite : on se tire la bourre devant les caméras, on s’insulte, on se tape dessus s’il le faut, puis dès que la scène est tournée, on se tape sur le ventre en demandant des nouvelles des gosses.

J’étais stagiaire dans un journal de province et j’ai été envoyé couvrir un conseil régional. J’arrive pendant le petit déjeuner précédant la séance. Deux hommes :

« Salut Michel, alors, bien remis du tennis de dimanche ?

– Salut Henri, oui, je ne pensais pas que tu jouais si bien… J’aurai ma revanche, un jour… » (Tapes sur l’épaule…)

Dix minutes plus tard, pendant la séance : « C’est un scandale, monsieur B. ! (Monsieur B, c’est Michel.) Les administrés ne sont pas dupes de vos manipulations, ils vous le feront payer un jour !

– Allons, monsieur C. (Monsieur C, c’est Henri), vous n’avez pas digéré votre défaite de l’an dernier, je le comprends, mais restez quand même un peu sérieux. (La défaite, c’est celle à l’élection, pas au tennis.) »

Dix minutes après, dans le hall :

« Allez Michel, on remet ça dimanche prochain ? Je m’entraine avec mon fils cette semaine, tu vas voir ce que tu vas prendre.

– Salut Henri, très bien, à dimanche, et embrasse Pierre pour moi, hein ? » (Pierre, c’est le fils de Henri.)

Voilà. Ce jour-là, j’ai compris énormément sur la politique.

Personnalites au Parc des Princes pour le match PSG Montpellier

Manuel Valls et Nicolas Sarkozy se bidonnent dans les loges VIP du match PSG-Montpellier.

Eh ben entre syndicalistes et gouvernants, c’est pareil.

Aujourd’hui, les uns et les autres jouent leur rôle dans un spectacle de Guignol. Les uns proposent une loi mal foutue, les autres lancent leurs troupes dans la rue. Les premiers font mine de ne pas le voir et passent en force. Les seconds durcissent le mouvement et bloquent des raffineries. Les premiers s’en foutent. Les seconds aussi.

Ils s’en foutent parce qu’eux n’y perdront rien. Ils continueront à manger dans les meilleurs restaurants, à aller voir les matchs en VIP et à baiser leurs pouffiasses.

« La pénurie d’essence finira bien par foutre le pouvoir dans la merde », me dit-on. Admettons. Mais au bout de combien de temps ? Parce que moi, si ça dure trois semaines de plus, j’y suis, jusqu’au cou, dans la merde.

Dans trois jours, je ne peux plus aller travailler.
Dans un mois, je liquide la boite que je crée depuis un an.
Dans un mois, je tire un trait sur un an de travail, un an d’angoisses, un an à vivre en-dessous du seuil de pauvreté, un an à accepter ça parce qu’un jour ça paiera mieux que le salariat.
Dans un mois, je dois rendre sa maison à mon propriétaire et retourner vivre avec ma femme et mes deux enfants chez mes parents, en quittant tout.

Dans un mois, le pouvoir pensera peut-être que ça commence à devenir lassant, et encore, seulement quand il aura le temps de le penser : aux chiottes et peut-être un peu avant de s’endormir.

[Des médecins commencent à s’inquiéter de ne pouvoir aller travailler. Mais ce n’est pas grave : dans un mois, le pouvoir commencera à se lasser, ça vaut bien quelques morts par manque de soins, non ?]

Si les syndicats voulaient vraiment faire trembler le pouvoir, ils iraient bloquer l’Élysée et les ministères. Ou bien, comme le propose un internaute sur Facebook, ils procèderaient à des distributions gratuites de carburant.

Là, ils seraient écoutés. Mais ils ne veulent pas être écoutés. Ils veulent jouer leur rôle dans le grand cirque. Ce grand cirque qui permet à chacun de croire que les choses bougent, et donc de ne rien faire pour que ça bouge vraiment. Ce grand cirque qui nous enfonce tous un peu plus dans la merde…

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